10/04/2008

Maan haltija

Confus, le son me parvient à peine, dissonant, fatigué, usé. Les rouages semblent si lourds, rouillés, mais persistent dans leurs révolutions hésitantes. Le coeur épuisé bat, malgré tout. La volonté entraîne la mécanique, la mécanique épuise la volonté, chaque son se fait plus faible, infime vibration, souffle, râle ?

J'ai mal, et hagard je cherche l'origine de la souffrance, à la fois palpable et diffuse. L'air me semble solide, j'ai froid, je suffoque. Le ciel s'effondre, les villes se meurent, mes entrailles se tordent. Si mal.

Cet après-midi pourtant, je m'en souviens distinctement encore, un jeune homme a regardé le ciel bleu, avec l'infâme espoir de le graver à jamais dans sa mémoire. L'image d'un monde en paix, irradié de chaleur. Naïve tentative de retarder l'inéluctable.

Je ne tiendrai pas ma promesse, je meurs.


07/04/2008

Lost in translation

Encore un week-end, un de plus. La vie, c'est un peu une longue succession de week-end qui se finissent en attendant le suivant. Encore un retour par le train, j'aime ça au final. Rien de mieux pour finir un week-end qu'un départ en train. Ca ne laisse pas le goût d'inachevé des autres départs.

Le train, c'est fixer l'heure du départ, le choix de louper le coche ou non. Une mise à l'épreuve, qui te force à réagir vite, qui précipite les paroles telles qu'elles devraient être, libres.
Un regard qui en dit plus long que tout le reste, un effleurement de la main, parce qu'on ne peut pas s'embrasser ici.

Petit plaisir né de la frustration de ne pas te glisser mon au revoir dans ton cou. Un jour il n'y aura plus besoin d'au revoir... Je crois que je prendrai le train rien que pour la forme, pour le plaisir de revenir te voir. Je prendrai le train avec la même petite joie masochiste de celui qui met son réveil à 3 heures du matin pour le plaisir de se rendormir (oui je suis bizarre parfois).

Plus d'au revoir, cela me fait bizarre, je me suis toujours dit que lorsque tu me parlerais de ça il neigerait... bah arrivé à Lille c'était tout blanc. Wahou c'est pour de bon, j'ai pas rêvé ? Bah faut croire que non. C'est là que j'ai senti quelque chose sur ma jambe.

Un petit dinosaure vert essayait tant bien que mal de dégager sa patte coincée sous ma belle paire de pompes neuves (même pas trop chères !). Même pas contrarié, le petit lézard nettoie ses godasses, me regarde, vérifie que sa queue est toujours accrochée au reste et me demande :

"Où tu voudrais vivre toi ? Moi je veux vivre en Israël"

Alors là, je me suis dit c'est pas commun. Ce petit dino qui fait du pied aux messieurs, il a l'air gentil mais pas très réfléchi. Il va se faire kidnapper par des extrêmistes religieux qui vont le cuire à la broche ou le lobotomiser et le transformer en kamikaze dans une renault 5 bonne pour la casse.

Et là j'ai réfléchi un peu, quand-même, parce que ça m'arrive et surtout que j'avais été assez surpris par les images que j'avais eu d'un pays qu'au fond je ne connais même pas. Aurai-je malgré moi été contaminé par les images du 20h ? Il doit bien y avoir des gens qui sont heureux d'y vivre dans ce pays. Alors effectivement, ce n'est pas lieu le plus sûr de la planète, mais la voiture brûlée à cent mètres de chez moi rend tout à coup cette notion très relative. Là-bas il y a des fanatiques religieux ? Mon voisin ancien légionnaire adepte du coran et de la machette me laisse à penser que ce n'est pas le pays qui fait la religion, et pas forcément la religion qui fait le fanatique (quoi que... tout religion me semble être une forme de fanatisme à mes yeux, mais c'est une autre histoire).

N'empêche que le petit lézard n'y voit que de bons côtés, amoureux qu'il est de cette terre lointaine, mais moi je ne peux m'empêcher de penser que c'est vraiment étrange pour un petit dinosaure né sur la terre de la liberté de rêver de partir dans un pays qui me rappelle tant la fascination morbide de l'humanité pour l'obscurantisme.

On peut dire ce qu'on veut de la France, c'est quand même le pays des droits de l'homme que diable ! Le pays où je n'ai pas le droit d'aimer, où je n'ai pas le droit d'être heureux, le pays où je n'ai pas le droit de fonder une famille. Méritons-nous encore notre titre ? Je nous trouve relativement auto-suffisants. Il fait bon vivre ici, mais nous avons cessé d'être ceux qui défendent les droits élémentaires de l'être humain. Alors on peut se marrer en regardant les autres pays, mais en Israël, pays lointain de fanatiques poseurs de bombes ou l'insécurité règne en maître absolu, bah y a des couples homos qui adoptent des enfants. Y a des spots diffusés à la télé pour expliquer que j'ai le droit de vivre sur cette planète. Certes, ce n'est pas le paradis sur terre, au contraire. Mais ils font des efforts... eux.

Le petit reptile continue de gambader à côté de moi, tout à son projet farfelu. Et soudain je lui demande : pourquoi Israël ?

"Parce que je sens qu'ici c'est pas chez moi, et là-bas ça l'est"

Il semble tellement sûr de lui que ça semble être l'évidence même. C'est chez lui. Il apprend l'Hébreu, écoute des chansons de là-bas. Il a le mal d'un pays que finalement il ne connait pas tout en l'aimant. Et j'ai trouvé ça beau.


Ce matin, il y avait encore un tout petit peu de neige sur ma gouttière. Elle résiste, comme pour me rappeler, que non, ce n'est plus un rêve. Je ne sais pas encore où c'est chez moi, mais je sens que chez moi c'est avec toi. Peut-être au fond es-tu mon Israël à moi ?


27/03/2008

World is beautiful

Au hasard de mes pérégrinations sur internet, j'ai trouvé ça. Une vidéo dans laquelle, avec votre souris, vous pouvez faire pivoter la caméra et regarder où vous voulez. Bah je trouve ça terriblement bluffant. Quand j'étais petit, la 3D était toute laide, les voitures électriques c'était un fantasme, les éoliennes rarissimes, les jeux vidéos terriblement basiques... Et c'était déjà si bien. Finalement peut-être que tout ira bien :)

26/03/2008

Du gris


Gris plomb, gris vért érgint, gris d'fér
- Si j'mins, tu voès, j'vas in Infér -
J'sus seure éq tous les gris du monne
I s'értrouv'té din la Baie d'Sonme.

Y a des piots nuages éd boin temps,
Quasimint gris, quasimint blancs,
Qu'éch vint, din s'coursé vacabonne,
Il éflèpe, pi qu'il abandonne...

Mais quante i s'invironne, éch temps,
Ch'est du gris sombe, lourd, émnaçant,
Qu'il éclate in méchantes grinchèes :
O s'creurouot quante él vrépe i tchèt.

Y o tout plein d'gris din chés nuèes :
Pérle, èrdoése, meume él gris chindrè
Qu'chés jonnes romieux l'ont dsu leus ailes...
... L'gris-beige étou, d'chés pieutes teurtrélles.

Din chés hérbus vért-érgintè,
- Doù qu'chu ho d'bérbis étreumè,
Trantchille, à tchoeur éd jour i poaiche,
Intré les ieux qu'la mér al laiche -

Ch'lilas-d'mér étou il est gris,
Mais d'un gris-mauve, conme adouchi.
Quante o ll'érbèe, in vnant dé loin,
Ch'est conme des taques éd vieil-érgint.

Pi quante o tchitte él bord éd mér,
Qu'o rinte un molé din chés térres,
O peut vir les flèpes éd feumèes,
Grises étou, d'chés camieux brulès.

Elizabeth Manier

24/03/2008

Lovesongs

Week-end, campagne, froid ? Même pas.
Soleil, neige, vent, neige, soleil, nuit, jour, tout s'enchaîne, vite, trop vite, le temps de ne rien faire, je suis déjà dans le train du retour.

Avec cette chanson dans la tête, à réfléchir à des choses sans rapport.

Lovesongs, they kill me,
They kill me, now.
..

Les nuages défilent, le soleil décroît déjà, mais mes pensées restent bloquées sur mon après-midi.

Une heure, je n'ai passée qu'une heure avec toi. Ce qui m'a choqué quand je suis entré dans la maison, c'est ton visage. Vieux, fripé, maigre, si maigre. Tu as perdu énormément de poids depuis la dernière fois. Et tout le monde papote, joyeux brouhaha. Il me semble apercevoir du sang sous ta narine droite. Comme les autres, je reste naturel. C'est dur.

Tu me parles, mais je t'entends mal. Je réponds, à côté de la plaque peut-être. Qu'importe, j'ai croisé ton regard, et j'ai vu le reflet de la pièce, peuplé de fantômes et de grands enfants. Pour toi plus que quiconque, cette maison doit te sembler si vide maintenant, comment fais-tu ? Je quitte ton regard, gêné d'y avoir vu le peu de détresse que ta fierté n'a pas réussi à masquer. Apparemment, tu es fatiguée. Ton fils te porte jusqu'au lit, et te borde. Je ne l'avais jamais vu faire cela avant, où alors cela ne m'avait pas tant marqué. Je ne me sens pas à ma place, mal à l'aise. Je n'ai pas le temps de rester, l'horloge inexorable annonce l'heure du départ.

Je m'approche du lit, pour te dire au revoir. Tu as l'air si fragile. Toi fragile ? Une part de moi trouve cela si improbable, en d'autres circonstances je crois que je rirais... Tu me reposes une question... Je n'entends toujours pas, pourquoi je ne t'entends pas ? Tes lèvres ont bougé, le son est sorti, mon cerveau n'interprète rien... Que se passe-t-il ? J'attrape un œuf en chocolat et je fais le con. Ca je sais faire. Tu souris, et là comme au ralenti, j'entends distinctement tes paroles.

"J'espère que la prochaine fois ça ira mieux"
"Moi aussi j'espère" Que je réponds. Rien trouvé de mieux. Est-ce des adieux ? Pourquoi ai-je soudainement cette impression curieuse d'être loin de mon corps et de voir un automate dire au revoir à ma grand-mère ? Pourtant je suis encore dans tes yeux. Et là je vois que tu as pensé la même chose que moi. Cette incertitude. Le même ton que lorsque j'ai entendu il y a si longtemps
"Bonjour mon poussin"

M'enfuir, vite, changer d'air avant d'entendre le hurlement de douleur qui bourdonne encore dans ma tête d'enfant. On expédie les au revoir, je suis à l'air libre. Redoutant un cri... rien... Le passé ne se reproduit pas.

Lovesongs are killing me,
Are killing me, right now...


Je suis un monstre, un trouillard, je ne sais même pas ce que je suis. Je prends mon train en espérant me faire des films, comme d'habitude.

S'il te plait, fais moi mentir, reste encore avec nous. Ce serait injuste que tu partes. Tu es une bourrique, l'une des personnes les plus têtues de cette planète, et pourtant tu m'as si bien accepté... après une prise de bec mémorable certes, mais je ne suis pas ton petit-fils pour rien...
Qui dira à Kristof qu'il a encore grossi si tu t'en vas ?


Il est tôt, beaucoup trop tôt. Je ne suis pas encore prêt. Je suis égoïste, j'assume. Je veux pouvoir être triste quand tu partiras. Je me fous que les autres partent, pour toi je veux être triste, ne pas être un automate, ne pas hausser les épaules et passer à autre chose comme je le fais d'habitude. Laisse moi le temps d'être triste...


18/03/2008

Et soudain ...

de battre mon coeur s'est arrêté.


Après j'ai pensé à toi, et ça allait mieux...

17/03/2008

Quoi de neuf docteur ?


Tout d'abord, mon lapin aime les carottes... Oui oui Okin en grignote au moins une par semaine ! (l'original ne s'en remettra pas !) Sauf que soit je suis un obsédé complet, soit la cawotte de ce soir... bah euh... elle filerait des complexes à pas mal de monde... Du coup j'hésite à lui donner... Mon lapin est pas pédé !

Trêve de plaisanterie, si vous voulez vous mettre dans l'ambiance musical de cet article, il va falloir écouter ça en même temps. Oui je sais, ça va faire mal à certains mais bon, c'est tout à fait dans le contexte. Un peu de courage que diable ! Et pis moi je la trouve jolie cette chanson :)

Tout ça pour que c'est officiel, je fais mes valises et dis au revoir au support d'A******, c'est une page qui se tourne. J'enterre donc définitivement l'ancienne équipe et laisse la nouvelle prendre son envol, je les surveillerai de loin quand-même :)

De toute façon je ne parvenais pas à oublier l'ancienne équipe malheureusement disloquée. Mais la page est tournée maintenant, j'ai un nouveau taf qui me plait, et j'ai bien l'intention d'assurer !
Si j'ai le courage je vous en dirai plus une autre fois, mais ne t'inquiète pas petit blaireau, c'est pour ton bien, le grand méchant Sept ne traîne pas loin.

J'ai quand-même vécu cette journée dans un mélange de nostalgie et de joie. Très bizarre comme sensation. Je suis peut-être un peu trop paternaliste avec cette bande de gamins qui sont quasiment tous plus vieux que moi. Et puis je continuerai à les traiter de noobs, parce qu'ils le valent bien...

Bref, les p'tits, je vous dédicace cette chanson, elle vous va bien, et rendez-vous le midi sur BF2 pour une petite tuerie entre amis :)

V7.5 lancée !

13/03/2008

Prepare yourself II Ex + alpha

Je m'excuse par avance de cet excès de fan-boy complètement assumé, mais il faut se mettre à ma place. Quand j'ai vu les premières images de Street Fighter IV, j'ai eu peur, vraiment. La 3D n'a jamais vraiment réussi à la série (même si les épisodes EX avaient de bonnes idées), et les premières images... je les ai trouvées moches, tout bêtement. Mais voilà, cette animation, c'est de la folie. Et le trailer, qu'en pensez-vous ?


Bah là il est complètement moche, parce qu'il faut le regarder avec une meilleure résolution, et là, bah t'as envie de pleurer, tout bêtement, tellement c'est brutal et poétique. Si vous voulez le voir de plus près, zyeutez ici. Il y en a un autre qui traîne et qui présente un combat entre Chun Li et une nouvelle mystérieuse demoiselle, mais les screeners, c'est moche et ça me frustre. Capcom fait fort, très fort, ça c'est du pur teasing, et je tombe dedans, j'en redemande même.


Allez, je fais mon kéké jusqu'au bout : tiendez, v'la des zolies images.

12/03/2008

Prepare yourself

On me dit souvent que je suis un mec sensible, et c'est vrai je pense. J'suis pas une chochotte, mais j'ai au fond de moi un petit coeur qui bat pour de vrai, qui ressent les choses, qui souffre aussi...

Bon heureusement je cache tout ça derrière un mental d'acier, une vision du monde froide et implacable, wep, ch'uis un pnj, mais moi j'assume. Pour être un homme, faut respecter le gamin qui est au fond de soit, même si parfois on l'enferme dans la cave et on jette la clé.

Et même si le monde est beau, si les fleurs nous émeuvent, qu'un battement d'ailes de papillon fait s'envoler nos tempêtes intérieures, on est du moins dans ma tête, des hommes, des vrais, des purs, des durs, des tatoués.

Et justement parce que ce monde est beau, parce que les fleurs s'envolent au gré de mes tempêtes intérieures qui soufflent les papillons, je serai froid et sans pitié. Tout être entrant dans l'arène est un adversaire que je respecte et que je vaincrai. Pas de questions, juste un regard d'estime et de confiance. Je vais te poutrer la gueule, et t'as intérêt à ne pas te laisser faire. La victoire est belle quand on donne tout. Après tout, ce n'est qu'un combat de techniques et de réflexes, la vraie lutte est dans sa tête. Et là aussi, je vaincrai.

Qui entrera dans mon arène ? :)




05/03/2008

Petit blaireau

Je m'étais promis de ne pas parler de D**** ici. Ce jeu, c'est mon quotidien, il est tentaculaire, j'ai parfois l'impression qu'il est partout. J'ai ma vie à moi, bordel ! Mais c'est, et ça fait bizarre de l'admettre, une grosse partie de mon existence actuelle.

D**** m'a permis de vivre des choses sublimes, sincèrement, avec des gens géniaux, de réaliser certains de mes rêves. Il m'a aussi permis de voir à quel point ce monde est infect, à quel point la confiance ne signifie plus rien pour les gens, à quel point la jeunesse est désoeuvrée et sans valeur.

Et puis il y a toi, petit blaireau. Je te côtoie tous les jours, sous de nombreux patronymes. Je te hais, régulièrement, tant ta faculté à te foutre dans la merde tout seul est exaspérante, tant ton vocabulaire et tes paroles me montrent la déchéance de notre société. Tu m'horripiles à contourner tous les conseils, toutes les règles que je te donne, et qui n'ont pourtant pour seul but que de te protéger et de passer un bon moment, ce qui est le rôle de tout jeu : apprendre et se distraire.

Je te demande pardon, petit blaireau, de ne pas pouvoir faire plus. J'aimerai tellement te protéger de tous ces connards dont tu fais pourtant si souvent partie, protéger cette naïve étincelle d'enfance que j'entre-aperçois si souvent entre les lignes de tes messages brouillons et illisibles. Te protéger du cynisme de ce monde, de la connerie humaine, de ton naufrage personnel. Pardon, mais je ne peux pas.
Je ne peux que te dire de faire plus attention, te conseiller de vider ton cache, même si parfois ma seule envie est de te donner un tricycle et de te mettre en sens inverse sur une autoroute allemande.

Tu me pourris mes journées. Jour après jour, tu grignotes ma patience à t'aider. Petit blaireau, tu es la bestiole la plus auto-destructrice que je n'ai jamais rencontrée. Et bien souvent, entre tes cris d'incompréhension, d'insultes aussi, je distingue ta solitude, le spectre des parents qui ne comprennent malheureusement pas qu'ils te pourrissent. Et alors, j'ai envie d'attraper le clavier et d'exploser l'écran, de te chopper par les épaules et de te secouer... Réveille-toi !

Et parfois, dans ton courrier, dans ta détresse aussi, tu m'envoies des choses sublimes, des petits instants de beauté, des fragments d'innocence, qui me laissent rêver que le monde ira mieux un jour.

Merci pour ça, petit blaireau.


Nous sommes sincèrement désolé de la gêne occasionnée, merci de votre compréhension, et bon jeu à vous.


02/03/2008

VOTRE VIE EST UN ECHEC. APPUYEZ SUR RESET.


Après tout, dans la vie ... On peut repartir à zéro autant de fois que l'on veut.


Hier soir

J'étais pas bien. J'avais pas envie de rentrer chez moi, et tout faisait que je devais le faire.
Rien d'intéressant au théâtre, le ciné était bondé... J'ai fait une razzia de manga et de films histoire de décompresser un peu.

Et j'ai découvert quelques petites merveilles.

"Duds Hunt" et "Reset" de Tetsuya Tsutsui : graves, froids, avec une belle lueur d'espoir à la fin sur Reset. D'excellents one-shot qui vont me faire garder un oeil sur cet auteur. Vraiment du très très bon, une thématique organisée sur la condition de l'homme et la portée du jeu. Brillant, tout simplement.

En film, Roméo+Juliette, je ne l'avais pas, il me le fallait. Mise en scène efficace, survoltée, intelligente. J'aime ce réalisateur, sa composition des images et du son est un délice pour toute personne effectuant un minimum d'analyse.

Ensuite Ethan Green, une comédie d'homosexuels pour les homosexuels, c'est du trivial, ça vole pas très haut, mais ça fait du bien et au final ça marche plutôt bien. Ca c'est un film à chocolat quand on est tout seul.

Enfin, ma petite révélation, La traversée du temps. Un animé extrêmement bien réalisé, au scénario soigné, qui questionne la relation des êtres humains en pleine construction sur l'avenir. Oui, là où j'en suis, exactement. Bah c'est beau, c'est poétique, bien pensé, émouvant, nostalgique. Je vais le re-regarder ce soir probablement, si j'ai fini de bosser...

25/02/2008

Cette nuit

... je dors encore sur mon canapé, parce que mon lit là-haut est trop grand, je m'y perds, et que lorsque je dors en boule en bas, j'ai l'impression que tu dors derrière moi ...

24/02/2008

VICTOIRE !


Vous serez probablement ravi d'apprendre que j'ai réussi à déboucher mes toilettes.
C'est bête à dire, mais je suis fier de moi.

...

Bon bah je peux retourner bosser...

23/02/2008

La minute égocentrique


J'suis crevé, j'ai pas dormi dans mon lit cette nuit, angoisse de la page blanche ... Ch'uis naze.
J'ai tout le plan en tête, mais dès que je suis devant le clavier... Nada. Alors on se change vite fait les idées, rien qui sort.
J'ai une tête de déterré, j'ai carburé toute la nuit au kiri et au jus d'orange...
Okin a cru que c'était la fête, du coup il a balancé sa litière dehors, fait un boucan d'enfer... Si ça avait été un chat il aurait fini à la porte. Enfin il était là pour les câlins, ça fait du bien.

Je veux un calin.

Mon royaume pour un calin.

Mon canapé ressemble à un camp de réfugiés politiques (je dis ça et je sais même pas à quoi ça ressemble un camp de réfugié politique en forme de canapé...), et j'ai vraiment l'air complètement con avec mon bonnet de nuit sur la tête. Mais ça me réconforte.

J'ai aussi eu ma minute "câlin sur flokati"... Wé j'ai pété un câble toute la nuit à écouter de la musique en boucle... Faut vraiment que je renouvelle ma playlist, et en voulant changer de station de radio j'ai plus que du grisouillis. J'en ai marre ça avance pas et ça me rend vulgaire...

Je me supporte pas quand je suis vulgaire

Je ressemble à rien, je fais rien j'avance pas.

PUTAIN QU'EST-CE QUE JE BRANLE ! BOSSE CONNARD !

J'en peux plus, j'ai plus de jus, mes doigts sont paralysés devant le traitement de texte, alors que dans ma tête tout est là, en ordre. Et c'est bien la première fois...

J'ai mal au crâne, mais c'est plus l'heure de se reposer, je me suis endormi comme une merde sur mon canapé devant l'ordi, ça avance pas.

Qu'est-ce qui cloche chez moi ? Je veux être tout seul pour bosser mais j'ai jamais eu autant besoin de voir du monde.
Mais faut que je bosse, et les autres me gênent pour ça.

Me faut un câlin.

Je veux bosser dans tes bras. Fais chier t'es pas là. De toute façon bosser dans tes bras c'est pas possible, t'es qu'un obsédé. J'aime ça.

Pfiou allez faut que je bosse, que je bosse, que je bosse... ALLEZ BOSSE BOULET !

21/02/2008

Uneraseable sin

J'ai toujours été plus efficace dans l'urgence, il faut croire que cela me stimule. Les situations borderline, plus abracadabrantes les unes que les autres, j'ai su jusqu'ici les enchainer avec brio, comme si elles étaient réglées dans un script qui m'échappe.

Il y a des gens qui s'ennuient dans leur vie, ce n'est pas mon cas. Il m'arrive de penser que c'est mon karma qui cause tout ça. Ma vie précédente a dû être très très longue et chiante, pour m'imposer un rythme pareil.

L'avantage, c'est que si un jour on doit faire une biographie de moi, vu mon incroyable personnalité et mon immense talent cela viendra tôt ou tard, et bien il y aura de la matière pour plusieurs tomes.

A quoi bon lutter, si je me retrouve tellement dans les tas de pixels humanoïdes, ce n'est pas pour rien, et de toute façon je me plais à penser que la part inconsciente de mon être qui provoque tout cela est un scénariste fantastique, doublé d'un metteur en scène de génie. J'envie le talent de mon inconscient, il est capable de me faire croire n'importe quoi, et je serai bien en peine de l'égaler. Je suis bon spectateur, cela doit l'aider pas mal aussi, mais il faut dire ce qui est : la mise en scène de mon existence est quasi-parfaite, on n'y voit que du feu.

Un bon petit film que je conseille donc, mais la salle est déjà quasi-bondée, dépéchez-vous de saisir les dernières places !

Enfin, il y a un petit défaut quand-même... pas assez de temps morts. Laisse un peu souffler le spectateur, ce n'est pas agréable d'être en apnée pendant toute la séance ...


18/02/2008

Vanishing point

Toutes ces lignes, ces si petites courbes sinueuses, si infimes, si émouvantes dans leur fragilité, se nouant dans ma main pour savoir ce qu'elle deviendra. Frapperas-tu ? A mort ? Caresseras-tu ? A vie ?
Petit fragment d'un autre moi hypothétique, pourquoi me rejoins-tu aujourd'hui pour me hanter alors que tu n'es pour le moment qu'un avenir ?

Les planètes s'alignent, les astres entrent en conjonction, toutes les voies, tous les possibles, se noueront bientôt devant moi. Quels liens trancherai-je ?
Tout ce qui doit advenir arrivera, je le sais, mais c'est maintenant que j'aiguise les lames qui me séparent de mes rêves, ou de mes cauchemars.

Top, je lance la pièce. Pile ou face ? Elle court sur le sol, décrivant des cercles de plus en plus concentrés, rebondit sur les aléas du carrelage. L'assemblée de miroirs retient son souffle, guettant la sentence. La pièce reste sur la tranche, mais vacille, au centre de la gigantesque toile d'araignée de tous les possibles, alors même que la gravité prend une petite pause clope.

Génocide de reflets dans 10 jours ...

10/02/2008

Paranoïde

Quelque chose cloche.

Je viens à peine de finir une petite soirée entre potes et de rentrer chez moi, et quelque chose cloche.

On se dit bonne nuit, tout sourire, on se fait la bise, mais mes sens sont déjà en éveil, à l'affût du moindre indice. J'arrive devant ma porte, et je vois que le paillasson extérieur a bougé.

Je sais pertinemment que ce sont ces abrutis de chats en mal d'amour qui se sont encore tronchés dans le jardin, mais mes neurones surexcités ont déjà dissimulé un monstre à trois têtes ninja derrière l'ersatz de plante qui sert de végétation.

J'ouvre ma porte, et pour laisser le temps à l'ampoule à économie d'énergie d'éclairer convenablement, je trouve un prétexte à la con pour passer 10 secondes chez la voisine. L'économie d'énergie n'économise pas mes nerfs, et si je suis ravi que la Terre se réchauffe moins vite grâce à cela, ailleurs la fièvre monte.

De nouveau dans le jardin, mon champ de vision montre clairement ses limites. Les angles morts sont surpeuplés, et mon coeur cale soudainement. Quelque chose a bougé derrière moi.
Je me retourne, ainsi que mon ombre, goguenarde. Je suis vraiment trop con.

Je rentre chez moi, fermant la porte soigneusement. L'atmosphère est oppressante, le lapin est surexcité dans sa cage. Plus pour me rassurer que pour lui, je lui explique que je monte l'ordinateur dans la chambre et que je le nourris après.

L'escalier est un supplice, en cas d'agression, les bras empêtrés dans les câbles d'ordi, je me vautre, c'est sûr. Et les 3 serial killers qui m'attendent de pied ferme en profiteront très certainement. De toute façon je sais déjà où ils sont : un dans la baignoire, l'autre accroché à la gouttière et le dernier sous le lit. C'est tellement prévisible ...


Finalement pas d'embuscade dans l'escalier ... Je ne m'en sens que plus mal. Je dépose l'ordinateur sur le lit, passe vite fait au wc pour pisser. Je suis à côté de la fenêtre, je vais m'en manger plein la gueule. Je remarque d'ailleurs que le niveau de l'eau de la cuvette a baissé. Et merde, manquait plus que des aliens dans mes canalisations. Mon reflet dans la vitre me surveille, et me met met mal à l'aise. Mais si je le regarde et qu'il me fait un clin d'oeil ou que le serial killer surgit, je sais que je vais tomber dans les pommes. J'évite donc soigneusement de regarder la vitre, tout comme le miroir. On sait jamais, au cas où un démon millénaire apparaitrait à ce moment là, la situation deviendrait ingérable.

Je suis sorti vivant de la salle de bain, je commence maintenant à sentir mon poil se hérisser. Quelque chose cloche, mais vraiment. Le lapin s'agite toujours autant, lui aussi doit sentir un truc, ou avoir la dalle. Je redescend et j'expédie la distribution de graines. Je me retourne et... je ne vois pas mon trousseau de clés sur la porte. Une sensation de sueur glacée descend le long de ma nuque. Ouf elles sont dans ma poche. Je verrouille rapidement la porte, me maudissant de cette erreur de débutant, m'attendant à tout moment à ce qu'une main explose la vitre et me saisisse pour me faire dévorer par une horde de zombies.

Je sécurise visuellement le périmètre immédiat, et me jette dans ma chambre. Je ferme la porte, mais je ne peux toujours pas souffler. J'enchaine les hallucinations visuelles, sonores et olfactives.
Les aliens des canalisations font des bloops dans ma salle de bains, dehors les zombies égorgent les chats qui hurlent, le serial killer posté sur le toit me fait de l'œil, tandis que celui sous le lit va m'attraper par le pied quand je vais enlever mes chaussettes, mais qu'importe, la sirène des pompiers m'avertit que Godzilla est à Wazemmes. Je ne peux même pas me cacher dans un coin, les murs se rapprochent et cherchent à m'attraper, j'étouffe.

Il faut dormir, je le sais, maintenant, pour échapper à ce cauchemar que mon imagination a créé de toute pièce.

Le croque-mitaine m'attend, bonne nuit ...

05/02/2008

Anonymous

Il y a quelques temps, mon confrère et néanmoins estimé voisin Sylf me parlait d'une curieuse secte issue du net. Plus (ou moins ?) qu'une secte, cet effet de mode semblait même avoir donné naissance à une entité nommée anonymous, composée en fait de personnes revendiquant leur anonymat et effectuant des actes en tant qu'anonymous, de la petite blague au pseudo-terrorisme en passant par le hacking.

Cette idée m'a assez fascinée, il s'en est d'ailleurs suivant un dialogue fort intéressant sur irc à propos de ça. Ca m'a d'ailleurs un peu fait penser au fight club sur certains aspects. Une curieuse petite révolution ou une bande de gamins qui jouent ? Bonne question.
Néanmoins, l'idée m'a semblée sympathique, mais pourquoi est-ce qu'aujourd'hui l'anonymat semble attirant alors que tant de gens luttent pour ne plus l'être ?
C'est vrai qu'aujourd'hui, la liberté individuelle est de plus en plus mise à mal, mais quel est ce besoin d'anonymat ?

A tout moment de l'histoire, les anonymes ont existé, effectuant des actes tout aussi anonymes qu'eux, et d'autres bien plus importants.
Cependant, l'anonymat n'existe que par peur d'éventuelles représailles. Dans notre monde "civilisé", est-il normal d'avoir peur ?
Il y a aussi peut-être une volonté de ne pas s'afficher, que je comprends tout à fait, ce n'est pas quelque chose que j'apprécie particulièrement personnellement. Cependant, nous sommes tous anonymes sans nous cacher, noyés dans la masse.

Se dissimuler ne serait-il donc pas un moyen de se faire mieux voir ? D'être plus visible en quelque sorte ? Renier son individualité pour former un tout plus grand et insaisissable ?
Cependant ce qu'il y a de paradoxal dans l'anonymat, c'est qu'il suffit qu'une personne mette tout en oeuvre pour faire sortir une autre personne de l'anonymat, cette dernière, quoi qu'elle fasse, finira de toute façon par revêtir une identité.

Et si cela arrive souvent, c'est parce que l'anonymat, constamment utilisé comme défense face à des forces extérieures, devient rapidement le repère de gens peu scrupuleux, du moins pour l'ordre existant. Ce qui était le repère de l'impartialité et du contre-pouvoir nécessaire semble être devenu l'apanage des corbeaux et autres individus peu scrupuleux. Telles les deux faces d'une pièce, Anonymous, pour porter des coups d'épée dans l'eau ou des coups de poignards dans le dos ?

Je suis anonyme sans l'être, je suis anonyme sans être anonymous. Anonymous, c'est je pense une création collective née de la peur de voir notre destin contrôlés par d'autres. Mais Anonymous n'y changera rien, même si je comprends parfaitement les gens qui essaient. Etre anonyme tout en échangeant des idées, c'est un rapport basé sur la confiance entre plusieurs parties. Et la partie est déjà truquée...


Constamment, nous sortons de l'anonymat pour les mauvaises personnes et redevenons anonymes aux yeux de ceux et celles que nous côtoyions pourtant la minute d'avant. Tous ces gens croisés au quotidien qui nous oublient, tous ces amis à portée d'un clic ou d'un coup de fil, mais que la gêne ou le temps nous rendent lointains et anonymes.

Si la lutte pour notre anonymat nous conduit d'ores et déjà vers une impasse, celle de notre non-anonymat, du contact avec de vraies personnes et leur identité propre ne connait que les impasses que nous batissons nous-même. Par auto-apitoiement ou par amour du mélodrame, tous les jours nous laissons pourrir des liens pourtant précieux, qui ne demandent pas grand chose pour retrouver leur éclat.

Il suffit juste parfois d'un petit signe, de regarder la personne et de dire "je sais que tu existes, je sais qui tu es" pour éviter un goût d'amertume dans la bouche. Si on peut mettre des livres entiers dans une clé usb, on doit bien avoir assez de mémoire pour réussir à mettre un sourire dans un coup de fil.

M'sieur Nono, merci d'avoir décroché, même après ces mois sans nouvelles. Merci de m'avoir reconnu, même si j'ai mûri. Merci d'être resté le même, et d'avoir changé. Merci d'avoir remonté le temps sans fermer la porte à l'avenir. Merci

02/02/2008

Skhizein


On dit de moi que je suis insouciant.
On dit de moi que j'ai mauvais goût.
On dit de moi que je suis le mec le plus stressé de la terre, obnubilé par l'heure.
On dit de moi que je suis pragmatique.
On dit de moi que je suis incapable de m'occuper de moi-même.
On dit de moi que je suis égoïste.
On dit de moi que j'ai une phobie des poils.
On dit de moi que je suis l'optimisme incarné.
On dit de moi que je suis incapable d'arriver à l'heure quelque part.
On dit de moi que je pense trop aux autres.
On dit de moi que je suis dur.
On dit de moi que je suis patient.
On dit de moi que je ne vis que pour moi.
On dit de moi que je suis tout le temps dans les nuages.
On dit de moi que je ne suis qu'un rôle que je me donne.
On dit de moi que je suis fidèle.
On dit de moi que je ne me donne pas les moyens de saisir ma chance lorsqu'elle se présente.
On dit de moi que je suis honnête.
On dit de moi que je suis névrosé.
On dit de moi que je suis compréhensif.
On dit de moi que je suis opportuniste.
On dit de moi que j'ai bon goût.
On dit de moi que je suis un enfant.
On dit de moi que je suis sombre.
On dit de moi que je cuisine bien.
On dit de moi que je suis inflexible.
On dit de moi que je suis menteur.
On dit de moi que j'aime les poils.
On dit de moi que je ne connais pas la fidélité.
On dit de moi que j'ai trop grandi.
On dit de moi que je suis dépressif.
On dit de moi que je m'emporte vite.
On dit de moi que je suis paresseux.
On dit de moi que j'en fait trop.
On dit de moi que je ne sais pas cuisiner.

...

Vous connaissez combien de moi ?

30/01/2008

Arcadia



Il est des jours ou des heures, il est des nuits et des songes, où je me demande parfois si la réalité ne se cacherait pas plutôt dans mes rêves que dans mes journées. Comment faire la différence ? Suis-je en train de rêver que je tape sur le clavier ou le fais-je réellement ? J'ai naturellement tendance à penser que le monde réel est celui-ci, parce que tout est cohérent et logique. Mais lorsque je rêve, même si à postériori tout semble décousu et incohérent, ce que je vis me semble au contraire tangible et réaliste.

Ce monde n'est-il que mon songe, alors que dans cet autre univers je me repose ?
Le monde de mes rêves me semble tellement plus riche, plus excitant, plus dangereux, plus triste, plus beau, plus seul ... qu'à mon réveil la vie semble plate et monotone. Il nous apparait souvent comme idyllique, pourtant dans ce fracas d'images et de sons, et même lorsqu'il ne s'agit pas de cauchemars, qu'est-ce qui fait que ce monde nous fait parfois nous sentir mieux ? Le bonheur qui semble se cacher derrière les paupières closes ne serait-il pas un leurre pour nous encourager à franchir toutes les nuits la barrière de ce monde si instable et pourtant si certain?

Et pourquoi tenons-nous tant à notre monde réel alors que nous avons tellement de mal à nous y sentir bien ? Est-ce parce que ce monde-ci est plus raisonnable que nous l'avons choisi comme monde véritable ? Parce que ce que nous y faisons semble avoir une continuité ? Si un jour je rêve que je rêve de ma vie réelle, celle-ci va-t-elle me sembler aussi peu crédible que mes virées nocturnes ? Pourquoi le monde "réel" est-il si incertain, pourquoi n'est-il que questions ?

Suis-je plus réel lorsque l'obscurité m'engloutit dans mes cauchemars de corps démembrés ou lorsque je me réveille en sueur ? Lorsque je vole dans un ciel mauve, suis-je plus tangible que lorsque je voyage sous terre dans un lombric de métal ?

Je rêve trop et tu ne rêves pas, est-ce pour cela que si je m'endors je te vois mort ? Et si au final ce monde n'est pas plus logique que l'autre, peut-être est-ce parce que la réalité n'existe nul part, et que je ne suis qu'une machine qui rêve...


17/01/2008

Ecstasy

7 secondes ...

Si seulement je n'avais que 7 secondes à attendre ...

Mais la chanson dure bien plus longtemps, et au final ça changera quoi ? Pas grand chose ...

Mais les secondes s'égrainent une par une, et c'est tant mieux.

Une seconde, c'est 3600 fragments d'heure, une seconde, c'est aussi une éternité ou un vestige.

Et pendant ce temps les nuages défilent, en une seconde, combien de gouttes de pluies ? Beaucoup, en même temps je ne passerai pas mon temps à les compter, je préfère regarder les secondes perdues à attendre... rien.


Savoir ne rien foutre est quand même un don plutôt sympa, réussir à le transcrire sur un écran c'est encore mieux. Si je me lisais combien de temps est-ce que je perdrai ?

Le temps c'est rien au final, que du vent, du mauvais temps, de la pluie qui s'écrase parce qu'elle s'emmerde, autant que moi quand j'attends ... toujours rien.

Addict à la seconde, à la seconde mais pas à la première, première quoi ? Le temps suicide ma raison, tout ce temps qui s'acharne à m'éloigner de cette seconde, cette éternité éphémère où je ne regarderai certainement pas ma montre... de toute façon je n'en ai plus, la trotteuse est la meilleure compagne de la folie.

Mais la seconde s'est déjà enfuie, poursuivie par le lapin blanc, et moi j'attends déjà la prochaine, dose d'éternité pour j'espère bien plus que 3600 fragments.

13/01/2008

Inlandsis

Elle parle, affalée dans son fauteuil, cigarette à la main, rayonnante.
Papotages, potins, et d'autres choses plus sérieuses, les sujets se suivent, et se ressemblent un peu.
J'écoute, je réponds, me moque un peu, je souris, je suis là et je suis bien.
Pourtant j'ai froid.

Il bricole, essayant de faire un pouf avec des bouts de bois. Incrédule, mon rhum coca à la main, je le regarde faire tout en chahutant avec la citrouille qui lui sert de chat. La boule de poil est sans pitié, mais je suis une bien plus grosse bête qu'elle. Elle déclare forfait et part s'enchevêtrer dans le rideau.
Et j'ai froid.

On discute sortilèges et coups spéciaux, je lui montre ma maîtrise des arcanes, surtout ma maîtrise de la fuite. Puis on sort voir des poissons tous plus beaux les uns que les autres. J'apprends plein de choses et je regarde toutes ces bestioles plus ou moins tropicales grouiller, émerveillé par tant de couleurs et de richesses.
Encore froid.

Je réponds à un client tout en écoutant les âneries de mes collègues, le chauffage fait visiblement du zèle. On voit passer une furie avec une batte de baseball gonflable, tandis que le tahitien en face de moi réussit encore à se plaindre du froid.
Toujours froid.

Seul devant mon ordinateur, j'écoute de la musique qui me fait voyager loin, en Grèce ou à Rome, et rédige un énième article. Ma main droite est comme gelée de l'intérieur. Plus d'énergie, je suis comme engourdi.
Si froid.


Je regarde mon lit, froid, si froid, trop froid, et je retarde l'échéance le plus possible. Halte au masochisme, je n'ai pas envie de me coucher et de contaster une fois encore le vide béant qui me bouffe toute la chaleur.
Le radiateur inutile fait pourtant de son mieux, claque sous l'effet de la dilatation, et je me marre en pensant à tous ces frileux qui viennent du sud et qui ont l'impression d'avoir froid.

Chochottes.

07/01/2008

Echos

Dès notre enfance, consciemment ou non, on réfléchit sur le monde, on pense, on pense, les idées tournent, se posent, briques par briques, tel un légo planétaire.
Ce monde prend vie, autour de solides gratte-ciels qui frôlent les nuages, les couchers de soleil sont éternels, nous voyons le monde tel qu'il est, et dieux que nous sommes, condamnons toute autre vision.

Dès lors, dès que nous sortons de notre bulle anti-sismique, on constate que quelque chose cloche, telle une voyante qui aurait pioché la tour en ruine (arcane majeur placé sous le chiffre 7 tiens), notre château de carte s'effondre, notre monde dégringole.

On se relève, tant bien que mal, nu comme des vers parmi les autres humains, tout en gardant en tête la vision de ce monde déchu.

Tels des élus illusoires, nous portons le poids de nos souvenirs. Nous avons goûté le paradis, et ce monde est si misérable en comparaison. Monde réel qui nous a arraché à nos rêves, tu ne vaux rien, car nous te contrôlons si peu. Nos égos de dieux de papier hurlent leur rage d'être si impuissants, alors on s'adapte, tout en hurlant intérieurement.

Certains lâchent prise, retournent dans leur vision idéale par n'importe quel moyen, d'autres meurent, tout simplement, certains échouent parfois, et ceux qui restent s'arment, par tous les moyens.

On lève les boucliers, endosse les cuirasses. Le monde est tous ses habitants qui nous ont fait si mal ne nous toucheront plus. Et pour certains la meilleure défense c'est l'attaque, alors on frappe, on frappe pour tuer. Faire mal, le plus mal possible, là où la carapace est encore tendre, parce que montrer sa faiblesse, c'est un risque de souffrir encore plus.

On devient un connard dans un monde de connards, et on a bien l'intention de survivre. La fin justifie les moyens, et ma fin est plus importante que la votre.

Et un jour on tombe, on se prépare à subir le dernier coup, mais il ne vient pas, car l'adversaire a la faiblesse de vous tendre la main. Alors cette entité que l'on défend de tout son coeur s'agrandit, on rebatît les gratte-ciels, notre voix dans ce monde a trouvé un écho.

Ce serait une belle chose, si le monde réel devenait beau, mais ce n'est pas le cas, les autres restent des adversaires, malgré tout, car jamais ils ne pourront comprendre cette douleur lancinante que pourtant chacun garde précieusement, jalousement presque.

Alors, les armures restent, qu'elles soient d'agressivité ou de sourires. Les autres restent des cons, indignes d'exister dans ce monde.

Une vision suffit à porter un jugement, dieu juge et ne pardonne pas, l'idée est là, en tête, définitive, ce mec est inférieur, ou pas fréquentable, bref quelque chose de très net nous sépare de lui, puisqu'après tout nous sommes dieu.

Et puis on allume son ordinateur, on se promène sur le net, et là on lit des choses, on en trouve d'autres, et l'image se brise. Regard écarquillé sur des tas de pixels, une larme coule, sur la vision d'un autre monde en ruine, pourtant si beau. Chacun enfermé dans nos cuirasses, ni l'un ni l'autre n'avons pris conscience que tout le monde tôt ou tard tire la seizième carte. Et là on aimerait parler, envoyer un message, un signe, un clin d'oeil peut-être. Dire qu'on est là aussi. Mais il est plus prudent de revêtir une fois de plus sa carapace.

Bas les masques, je suis dieu, et vous aussi, enfin je crois ...

06/01/2008

Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé...


Hystérique, elle me regarde fixement, puis un sourire se dessine sur son visage fiévreux, elle trépigne, sautille partout, allume sa clope et crie : "Il me maaaaaaaaanqueeeeeeeuh"

Maniaque, en pleine après-midi elle me met la musique à fond, les haut parleurs scandent Boys boys boys ! I'm looking for a good time ! pendant qu'elle dévaste son appart pour remplacer ses vaches par des lézards.

Euphorique, elle me glisse à l'oreille "c'est mon namour il revient bientôt".

Gourmande, elle reste pensive, les yeux dans le vague, les joues empourprées, puis lance "quand il se promène en boxer, c'est un appel au viol", et elle rajoute "il est super bien foutu en plus, oulouloulou !"

Hygiènique, quand je lui demande si elle dort avec ton caleçon, elle me répond : "non je l'ai mis à laver"

Psychologue, elle me raconte qu'elle n'est pas triste, non non, puisqu'elle sait que tu reviens vite, vu que tu le lui as dit.

Commère, elle me raconte que de ton côté tu as trop envie de revenir, que ta mère te fait faire tes bagages, mais elle elle fait comme tu dis, toute fierotte elle est pas triste du tout, elle gère comme une grande.

Pétasse, elle laisse un gros blanc dans la discussion avant de balancer "il me manque trop, je sais pas comment t'arrives à gérer la distance avec Tof".

Cuisinière, elle a déjà prévu tout ce que tu vas manger en arrivant. Mon pauvre, va falloir te mettre au sport.

Geek, elle a surveillé tout ton trajet via téléphone, te récupère aussitôt sur msn, big brother est une glaireuse.

Insupportable, elle a réussi à me faire vivre tout ça en l'espace d'un quart d'heure cumulé.

Seb, putain de bordel de balai à chiotte bouge tes fesses ! La personne qui attend avec le plus d'impatience ton retour à Lille, c'est pas elle, c'est moi ><
Donc grouille toi, sinon je vais l'assassiner à coups de truelle ...

04/01/2008

Blackout

Sons diffus qui résonnent encore dans mes tympans, de rires et de cris, de musique et de respirations, je suis pourtant seul dans ma chambre.
Allongé sur mon lit d'enfant, la pièce est fraîche et sombre, alors que mes volets peinent à empêcher le soleil estival d'entrer.


Mon regard se noie dans l'étrange lueur qui baigne ma chambre, hagard, en quête de repère.
Le monde tourne, tourne, tourne, éthylique et instable. Je ferme les yeux et le noir m'éblouit, je tombe alors que je suis déjà allongé. Il vaut mieux les laisser ouvert pour le moment.
La lumière qui filtre dessine des vagues sur le papier peint usé par le temps et des conneries de gosses.
Aucune pensée, seul un bourdonnement incessant, un rythme qui ne me quitte pas, des images diffuses, la musique de la nuit blanche qui me rattrape.

Je sens une vague odeur de transpiration mêlées à l'odeur de la fumée froide, de mon parfum et de ceux d'inconnus. Je cherche dans ma mémoire leurs visages, à tout ceux et celles avec qui j'ai passé la nuit, ces nuits, mais les visages s'effacent, seuls les corps et les actes comptent.

La musique dans ma tête s'amplifie, tribale dans mon souvenir, même si je sais pertinement qu'elle l'est beaucoup moins en vrai.
Ma tête se balance légèrement au souvenir diffus d'une soirée probablement mémorable mais finalement comme tant d'autre, démarrée par le même inlassable rituel.

Le choix des vêtements, le rasage de près, la coiffure calculée à la goutte de gel près, les capotes dans la poche même si on sait qu'elles ne serviront pas ce soir, puis la marche vers le lieu du vice.

On salue les videurs, une bouteille gratos c'est toujours ça de pris, puis on entre. Tout le monde se dévisage, à la fois gêné et suffisant. Jeunes coqs, perdre la face est inconcevable. Heureusement, la pénombre cache le malaise des moins forts, et la musique limite les discussions à des platitudes de gamin.

C'est l'heure de jouer les hommes, les bouteilles arrivent. Comme d'habitude, la soirée commence sur un whisky cul-sec, montrer qu'on tient, quoiqu'il arrive, puis un deuxième, voire un troisième.

Le rire vient rapidement, et la musique nous appelle peu après. Déjà passablement éméchés, la vue devient floue, peu importe, entre les fumigènes, les spots et les stroboscopes, voir ne sert plus qu'à grand chose.


La soirée ne devient plus que sensations, la musique dicte les mouvements du corps, on ferme les yeux, pendant des secondes, des heures, on plane sur des boîtes à rythme et des sons artificiels et lointains. Le monde se sépare, entre la réalité hésitante et les couleurs dans nos yeux. Personne ne s'arrête, même si le corps fait un peu mal, et que j'aurai mieux de prendre d'autres pompes. Il pleut, condensation dégueulasse de tous ces corps qui veulent oublier le monde.

Puis la musique se fige, le quart d'heure des slows attendus par certains et redoutés par d'autres arrive. La vacuité du monde te revient dans la gueule, heureusement une demoiselle timide te demande si tu veux bien danser avec elle.

Plutôt mignonne, mais on s'en fout on l'oubliera demain. On tourne lentement sur un air sirupeux, elle te dit des phrases sans importances à l'oreille pendant que tu fais en sorte de ne pas avoir l'air con tout en zyeutant discrètement comment se débrouillent les autres.

Elle approche sa tête, tu l'embrasses en espérant faire ça bien, pas pour moi, un peu pour elle, rien que pour te dire que toi aussi tu es un homme. Elle me regarde et ça me gêne, je ne sais même pas qui tu es ni ton nom, je veux juste me dire que je suis comme les autres. Je ferme les yeux, mauvaise idée. Le monde ne tourne pas à la même vitesse dans ma tête.

Fin des slows, l'épreuve est passée. On reste ensemble un moment, elle rejoint ses copines en me souriant, je rejoins mes copains qui me charrient un peu, ça fait du bien, ça me rassure. Elle a déjà disparu et je ne la reverrai sûrement jamais, qu'importe. La musique reprend, et je retrouve la joie de ne plus faire attention aux autres, comme avant ces slows sordides, et tous autour de moi semblent partager ce soulagement. Le temps passe, la musique baisse, le soleil se lève et nous rentrons à pied au milieu de la campagne, crevés et heureux, riant des maladresses des autres. Je retrouve enfin mon lit et m'affale dessus, sans quitter mes vêtements.


Je n'ai strictement aucune idée de pourquoi je me souviens maintenant de ce genre de soirées. Il y en a eu énormément, toutes basées sur le même modèle de soirée préfabriquée. Beaucoup de souvenirs et peu d'anecdotes au fond.

Je suppose que comme pas mal de chose cela me manque, plus que la soirée en elle-même, le sentiment d'abandon qui allait avec. L'excitation aussi, d'aller en boîte avant sa majorité, de faire comme les grands, de faire comme les autres. Peut-être tout bêtement d'être un autre de temps en temps...

C'est une maison bleue...

... accrochée à ma mémoire, on y vient à pied, on ne frappe pas, ceux qui vivent là, ont jeté la clef...


C'est parfois troublant d'entendre dans les anecdotes des autres des échos qui vous ramènent à vos propres pensées. Ces derniers temps, on trouve à la courée des squatteurs qui tranchent un peu avec les autres. Tout d'abord parce qu'ils semblent débarquer d'une autre planète, et ensuite parce qu'ils refusent de partir.

Il faut croire que Lille, telle ma San Francisco idéalisée perdue dans les décennies révolues, refuse de laisser partir les gens. J'ai rarement assisté à autant de départs avortés en si peu de temps.
Entre les cheminots qui s'évertuent à faire partir leurs trains à des horaires indus et des conducteurs qui ne veulent pas reprendre leur voiture, ou d'autres qui tombent malades avant le départ, ceux qui oublient leur papier et encore les autres qui n'étaient venus là que pour un stage ou des études, Lille la tentaculaire nous retient prisonnier.

Les premières fois que je suis venu à Lille, j'ai senti une différence, Lille m'a souri, Lille m'a permis de me sentir libre parce que loin de chez moi, je pouvais enfin être moi.

Lille m'a déraciné, m'a emporté dans sa tourmente, m'a séduit aussi sûrement.
Je sens bien que ce n'est qu'une étape dans ma vie, et que la séparation sera douloureuse, mais Lille est une partie désormais intégrante de moi. Amusant de constater qu'une ville, à l'instar des gens que nous cotoyons tous les jours, nous forge.

Est-ce cela créer des racines ? Beaucoup de gens cherchent leurs racines, une quête effrénée qui semble parfois les dissoudre. Courir à tout prix vers le passé au point de pourrir le présent et d'annihiler tout futur. Rester dans le passé parce que c'était mieux avant, et que tout ce qui est nouveau fait peur.

Chercher ses racines, c'est être trouillard, courir après ses origines tout comme on se cachait dans la jupe de sa mère, c'est se voiler la face.

Allez de l'avant, encore, toujours, plus loin, plus vite, même si ça fait mal, surtout si ça fait mal, perdre des amis, en trouver d'autres, les perdre, les voir en sachant que demain ils mourront, mais profiter du bonheur présent, c'est ça vivre.

Regarder les arbres, voir qu'ils ont des racines qui s'enfoncent loin dans le sol, c'est beau.
Ouvrir les yeux et comprendre qu'un arbre se contrefout de savoir où sont ses racines, du moment qu'elles existent, c'est comprendre que le passé n'est qu'une base pour notre avenir, mais ne représente en rien l'avenir.

C'est peut-être parce que je sais que tu ne liras pas ces mots que je peux le dire aussi facilement.
Ce que j'ai compris, c'est ce que tu refuses de comprendre, et c'est notre différence. Je ne reproduirai pas tes erreurs, ni ne te suivrai dans ta folie. Jamais

... Liza et Luc, Sylvia, ne m'attendez pas...

22/12/2007

Moi, mon égo, et les autres ...

... vous souhaitons de joyeuses fêtes !

La sphère du bonheur absolu

Suite à quelques réflexions, je me suis juré que mon prochain article serait moins négatif, étant donné que vous tous qui lisez ceci avez tendance à croire que ma vision du monde est sombre (référez-vous à mon tout premier article tiens, ça va vous faire du bien).

Vous voulez du kikoulol ?
Accrochez-vous à vos chaussettes, c'est parti !


Bon du coup, j'ai été plutôt silencieux cette semaine, pas évident de regarder le monde autour de nous sans ne rien avoir à y redire, surtout au moment des fêtes.
Et surtout en fait, les gens heureux sont chiants à en mourir, ils n'ont rien d'intéressant à raconter.

Du coup, là ça ne se voit pas encore, mais je pédalais dans la semoule comme pas possible pour avoir quelque chose à mettre ici, quand soudain, jeudi plus précisément, vers 15h34 et des poussières, j'ai connu la béatitude. Alors attention hein, ne vous mèprenez pas, il n'y a strictement aucune intervention divine là-dedans, et je n'ai pas eu de flashback perdu dans le désert en train de discuter avec une quelconque icône (Mylène ? c'est toi là-bas perchée sur le cactus ?).

Ce que j'essaye de décrire, c'est qu'en fait, à ce moment là, précis, ma tête a subitement et sans raison particulière totalement cessé d'avoir la moindre pensée négative. Enfin ce n'est pas aussi simple, parce que devant l'énormité de la chose, j'ai quand-même pris le temps d'expérimenter.
Déjà, j'avais un sourire béat scotché sur la figure, qui a même effrayé Pichon pour le coup, parce que plus j'essayais d'avoir des pensées tristes en tête, plus j'étais heureux.
J'ai tout testé, les enfants du Maghreb, les bébés phoques, les petits somaliens, le téléthon, la myxomatose, tout !

Bah pas moyen, j'étais heureux, comme si j'avais transféré temporairement mon âme dans le corps de Oui-Oui en visite chez les bisounours. Alors j'ai cherché la cause de mon bonheur. J'ai passé en revu mon régime alimentaire de la matinée, le comportement de mon entourage (mais même LUI me saoulait pas à ce moment là !).
Mais, sauf si les fraises sont euphorisantes, je n'ai décelé aucune cause de mon sourire à la con.

Bon dis comme ça, ça a l'air sympa d'être Oui-Oui, mais je vous le déconseille en fait.
Déjà c'est super nuisible à la productivité : bah oui, je vous y verrai bien vous, à essayer de résoudre les problèmes des gens alors que dans votre état d'esprit, la notion même de problème n'existe plus.
Ensuite, imaginez que tout le monde soit dans cet état là. C'est triste à dire, mais ça ne marcherait pas. Le bonheur est un sentiment de contraste, on ne peut être heureux que si il y a des malheureux pour équilibrer la chose.

...

Une partie de moi est en train de se dire que si vous pouviez continuer à avoir une vie de merde en fait ça m'arrangerait bien, le bonheur ça détend...

...

Eh ! Me regardez pas comme ça, c'est vous qui vouliez voir un yenyen en mode positif...

15/12/2007

Real folk blues

J'ai toujours beaucoup aimé le vent, depuis que je suis tout petit. Le vent de ma campagne, je le connais bien, sa musique, sa force, son caractère. Il sent bon les balades à vélo, le crapahutage dans les ballots de paille, les tentatives d'envol de cerf-volant, les fins d'été qui semblent ne pas laisser l'automne arriver.

Ce vent aujourd'hui, je l'ai retrouvé. Comme un vieux compagnon qui m'avait bien plus manqué que ce que je pensais. Au milieu de ma plaine, je suis le roi de mon monde. Au loin je vois ma maison, celle de mon oncle, ainsi que celle de ma grand-mère et la vieille ferme en ruine de mes grands-parents. Le soleil rougit, l'air frais me fouette le visage, mon coeur se serre, j'ai enfin compris.

Ce n'est plus chez moi.


Même si ce genre de chose est inéluctable, on ne peut jamais le constater qu'une fois que la rupture est consommée. Je n'ai pas vu le coup venir. Je ne suis pas triste, nous savions tous que cela arriverait. Je me sens juste perdu. Sentir et savoir à quel point je suis bien ici, tout en comprenant que désormais mon fil d'Ariane est rompu.

Je me rend compte maintenant que j'ai entamé ma fuite en avant sans aucun égard pour tout ce que je laissais derrière moi. Une fois de plus je me suis perdu dans mon labyrinthe, en croyant naïvement que tout ce que je fuyais me poursuivrait.

Ca ne sert à rien de se lamenter, il faut bien s'envoler et se laisser porter par le vent un jour ou l'autre. Faut croire que j'ai grandi.

Comme tant d'autres, c'est à moi maintenant de trouver mon chez moi, mon chez nous, et de rentrer à la maison.

11/12/2007

Ever after

00:53

Deux ombres s'enfoncent dans une ruelle sordide, le bruit de leur pas à peine couvert par la bruine qui s'évertue à détremper le sol déjà ruisselant. Ils ne parlent pas, et avancent lentement sur la route, entourés par les voitures en stationnement. Soudain, le breton ouvre la bouche, pour laisser s'échapper la phrase fatidique :

"J'ai envie de grimper sur les voitures et de chanter..."

Cette phrase aurait dû me choquer, au moins m'interpeler. Mais non, je ne peux qu'acquiescer, puisqu'à ce moment précis je ressens exactement la même chose.


00:26

Cinq individus ressortent du métro, ils viennent de manquer la dernière rame. Dans la station déserte, certains chantonnent, Nico et Sylf dansent ensemble une valse improvisée, Echt fait l'écureuil devant un Alix en adoration, et moi, pensif, je cherche comme toujours à trouver les mots pour exprimer cette joie diffuse et frustrante qui parcourt mon être.


Vous êtes-vous déjà promené dans la rue, en pensant soudain que le moment serait idéal pour qu'un orchestre invisible lance la mélodie d'une comédie musicale tout aussi imprévue que maitrisée sans la moindre fausse note ?
Cela m'était déjà arrivé une fois ou deux, comme ça, par amusement, mais je suis sûr que vous qui lisez ce message, et qui n'avez pas partagé mon expérience de ce soir, ne pouvez comprendre l'ampleur de ce que j'essaye de vous décrire.

Imaginez que votre vie soit un livre d'enfant, une belle histoire avec une fin heureuse. Votre destin est tout tracé, mais vous ne le savez pas, et n'avez pour seule certitude que quoi qu'il arrive, tout se passera bien. Comme réglé sur du papier à musique. Et regardez maintenant le monde tel qu'il est.


C'est l'expérience troublante que vous propose "Il était une fois" : que feraient un prince et une princesse de conte de fées catapultés dans notre monde de cynisme et de désillusion ? Le résultat est extraordinaire, et si vous sortez de cette salle sans avoir envie de transformer votre vie en conte pour enfant, je pense que vous mentez.


00:54

Nous n'avons pas chanté, nous ne sommes pas montés sur les voitures, et les habitants de la ruelle paisible n'ont pas poussé leurs volets pour pousser la chansonnette. Nous laisserons s'endormir au fond de nous cette douce folie, avec pour seul regret de ne connaitre ni les paroles, ni les pas de danse de nos petits contes de fée.

09/12/2007

Genesis

Au commencement était l'univers, un grand cube plein de rien. Au beau milieu de rien, le Hasard s'emmerdait comme un rat mort, et pour cela il créa le Rat mort. Le Rat mort erra longtemps dans le vide, puisqu'il n'y avait ni destination, ni envie d'aller où que ce soit de toute façon. Le Hasard s'ennuyait donc toujours, et l'univers était donc peuplé de Rats morts. Le Hasard, contemplant ces masses inertes, décida de créer la gravité, histoire d'accélérer un peu les choses. Les Rats se déplacèrent, et le Hasard vit que c'était bon.




Les millénaires firent leur oeuvre, et les Rats morts, à force de collisions répétées, s'étaient complètement décomposés. Ne restait dans le vide que des gaz, et de la poussière. Sous l'action de la gravité, ces gaz et ces poussières se conglomérèrent et créèrent les planètes et les étoiles. Le Hasard commençait enfin à trouver les choses intéressantes et commença à s'intéresser au Monde. Le Hasard choisit cette boule insignifiante parmi tant d'autre parce qu'il ne portait pas ce nom pour rien, et tout ému par sa trouvaille, il pleura sur le Monde. Ses larmes créèrent les océans, et comme le Hasard était enrhumé en ce temps-là, ses larmes apportèrent au monde ses microbes. Les microbes prospérèrent, la vie se diversifia, et le Hasard vit que c'était bon.
Parce que le Hasard avait longemps été seul, il décréta qu'il n'y avait pas de raison pour que le Monde ait des copains alors que lui n'en avait jamais eu, le Monde fut donc la seule planète visitée. Les dinosaures apparurent, et le Hasard ne s'était jamais autant amusé. Chaque semaine il votait tout seul démocratiquement l'extinction d'une espèce à coup de météorite. Mais lorsqu'il voulu supprimer les Méduses, il eu la main un peu lourde, et ce fut le grand cataclysme. Les dinosaures disparurent, au grand désarrois du Hasard. Heureusement les mammifères avaient esquivé les météorites grâce à d'ancestrales techniques d'esquive de météorite, ils survécurent donc. Ces petites bêtes se cachaient dans les rochers et avaient une vie sociale bien plus intéressante. Le Hasard envoya au loin les météorites et vit que c'était bon.


Les millénaires passèrent, et le Hasard s'aperçut un jour que les Méduses avaient survécues. Fou de colère, il saisit un énorme rocher et broya la reine des Méduses, la réduisant en masse gélatineuse informe. Le rocher se fendit, et alors apparut une petite créature semblable au Hasard, qu'il baptisa Zom. De la gélatine informe de feu la reine des Méduses apparut simultanément le pendant féminin du Zom, que le Hasard baptisa alors Glaireuse. Le Zom et la Glaireuse comprirent rapidement l'un et l'autre l'intérêt du sexe opposé, et se jetèrent tous deux dans les bras de l'autre dans une sauvage étreinte. Le Hasard enregistra la scène en VHS pour ses soirées de solitude et vit que c'était bon.

08/12/2007

Road movie

Allez, week-end à la campagne pour s'aérer un peu et fêter les 20 ans de ma cousine. C'est juste vraiment dommage que la grisaille et la flotte soit au rendez-vous. Mais au final ce n'est pas vraiment important, on n'en profite que mieux du beau temps lorsqu'il est là.

Comme d'habitude, pour aller à la campagne je prends le train, même si cela m'est déjà arrivé de prendre la voiture. Et là, toujours la même pensée, fugitive, l'envie de me tromper de train, ou de changer de route, pour aller ailleurs et me perdre. Découvrir de nouveaux endroits où je n'aurai aucune attache, aller toujours vers l'avant, sans s'arrêter, car même sans savoir où je vais, au moins je saurai que je vais quelque part. C'est peut-être pour ça que j'aime rouler pendant des heures...


Le soucis avec ce genre de plan, c'est qu'en pratique c'est toujours plus galère, et que j'ai déjà probablement trop d'attaches pour faire cela. Surtout que ma passion pour les choses spontanées, bordéliques et tout à fait imprévues (ce qui fait tout le piment de la chose, non ?) ne fait pas l'unanimité dans mon entourage, surtout dans mon entourage préféré d'1m73, brun, yeux bleus à tomber... je m'égare. Et puis, les fantasmes c'est une chose, la réalité en est une autre, et il est fort possible de l'expèrience soit beaucoup moins intéressante ou amusante en vrai. La vérité, c'est que j'approche de mes 23 ans, et que j'ai le sentiment que ça n'arrivera jamais, et c'est horrible de se dire ça. J'aurai probablement pas le choix, ou pas les couilles de le faire...

Mais bon j'aimerai bien essayer quand même un jour...

06/12/2007

Le petit prince est mort


Il hésita encore un peu, puis se releva. Il fit un pas. Moi je ne pouvais pas bouger.
Il n'y eut rien qu'un éclair jaune près de sa cheville. Il demeura un instant immobile. Il ne cria pas. Il tomba doucement comme tombe un arbre. Ça ne fit même pas de bruit, à cause du sable.


Il y a des choses comme ça qui vous touchent et qui pourtant ne vous marquent pas. Si je dis "dessine-moi un mouton", tout le monde saura à quoi je fais allusion, au petit prince en l'occurrence, mais au final les gens ne connaissent pas cette histoire.
L'autre jour, Sylf et moi discutions du petit prince. Lorsque je lui ai parlé des baobabs, il m'a regardé bizarrement. Lorsque je lui ai dit que les baobabs détruisaient les planètes, il a cru que je parlais de l'étoile noire. Et quand je lui ai dit qu'à la fin le petit prince mourrait à cause d'un serpent, il ne m'a pas cru.
Bien sûr j'ai eu raison, même si la notion de mort est relative dans ce cas.

J'ai donc relu le petit prince. Il y a des choses comme ça qui vous transpercent, qui nous donne l'impression que le monde ne sera plus jamais pareil quand vous le regarderez. J'ai eu ça avec le petit prince, tout comme je l'ai aussi ressenti avec La nuit des temps, ou en regardant Lain.

Mais ce qui est marquant dans le petit prince, c'est ce double dialogue permanent entre l'adulte et l'enfant. Ce regard double sur le monde, ce même monde vu par plusieurs personnes, à tel point qu'il ne s'agit plus du même monde.

Et si j'étais seul au monde ? Sur ma petite planète, côtoyant 6 milliards d'autres petites planètes identiques mais différentes ?
Si ça se trouve, il n'y a pas une dimension, mais une multitude, et le monde ne serait rien d'autre qu'un lieu multidimensionnel, résultat du mélange de chaque dimension, chacune représentant la perception de son environnement par une entité sensible telle que nous nous considérons.
Ce qui expliquerait que malgré tout, il nous est strictement impossible de vivre dans le même monde que les autres, avec la meilleure volonté du monde, puisque nous ne pouvons rester que dans le nôtre.


Je vois du bleu, et par convention et depuis des siècles, nous appelons cela "bleu". Mais il est strictement impossible que je vois le bleu exactement de la même façon que mon voisin, pour des raisons biologiques, psychologiques, sociologiques, ou ethnologiques. Mon bleu appartient à mon monde et n'appartient qu'à moi.
Un daltonien par exemple le verra rouge, mais par convention il l'appellera bleu alors que pour lui il s'agira indubitablement de rouge, de son rouge.
La parole et les mots ne sont donc qu'une convention pour tenter de nous comprendre les uns les autres, et c'est un système encore perfectible, mais qui a le mérite de poser des notions arbitraires nécessaires pour bâtir un point de départ.
Cependant, le verbe est insuffisant pour traduire ne serait-ce que l'essence de notre perception du monde. Quand on y ajoute aussi une grosse difficulté à structurer ces idées, ce que je rencontre actuellement, ça donne un article de blog qui va probablement faire penser que je me drogue. Ce n'est pas le cas, je n'ai juste toujours pas trouvé un moyen de communication inter dimensionnel plus fiable que les mots.

Notez que c'est déjà bien d'essayer de communiquer, mais cela nous a fait grandir dans l'illusion d'un monde commun. Laissez tomber, on est seul et on le restera à jamais, mais qui sait, un jour parviendrons-nous peut-être à traverser les dimensions.

Promis, la prochaine j'essaye de parler d'un truc normal.


01/12/2007

Les humains sont cons et je suis plutôt humain


A cause des problèmes récents qu'ont rencontré nos très chers serveurs, Sylf et moi avons vu notre charge de travail augmenter un peu (beaucoup pour moi en fait), et surtout nous nous sommes rapidement aperçu qu'un seul écran d'ordinateur était amplement insuffisant. Nous avons donc demandé tous les deux à en avoir un second, afin de pouvoir nous y retrouver.
J'ai donc récupéré mon second écran, puis Sylf le sien, et nous avons donc découvert les joies de l'écran multiple, de pouvoir afficher en grand plusieurs fenêtres, de jouer à Battlefield sur la première tout en laissant tourner une vidéo sur la seconde... Oui oui on s'extasie pour pas grand chose, mais c'est quand même super agréable.
Nous avons aussi découvert que ce second écran est super pratique pour laisser le logiciel de messagerie interne ouvert tout en faisant autre chose...

Eh oui, c'est le drame. Premier réflexe : faire le con

Pourtant, l'arrivée de ce second écran répond à un réel besoin, et on s'en sert vraiment (oh que oui), mais dès qu'il s'agit d'éprouver quelque chose de nouveau, le premier réflexe est généralement de faire le con avec (si si cherchez bien dans votre petite mémoire).

Je suppose que cela doit être assez analogue avec l'apprentissage de la chasse chez les félins, ou peut-être est-ce une façon de dédramatiser la nouveauté. Mais le fait est que dès que quelque chose de nouveau arrive, la connerie n'est pas loin derrière.

Pire, parfois même, la connerie précède la nouveauté. Combien d'inventions ou de découvertes découlent d'accidents, de bourdes, de bévues ?

Eh oui, ça fait peur en fait. C'est à croire que la seule différence entre la connerie et la recherche soit le facteur complètement accidentelle de cette première.

En fait, l'homme a peut-être bâti le fondement de son intelligence sur sa connerie naturelle.
Bon ce n'est pas peut-être, c'est sûr. Heureusement, avec les siècles, nous avons su maîtriser nos réflexes primitifs, n'est-ce pas ?

Bonne journée ^^