25/02/2008
Cette nuit
... je dors encore sur mon canapé, parce que mon lit là-haut est trop grand, je m'y perds, et que lorsque je dors en boule en bas, j'ai l'impression que tu dors derrière moi ...
24/02/2008
VICTOIRE !
23/02/2008
La minute égocentrique
J'suis crevé, j'ai pas dormi dans mon lit cette nuit, angoisse de la page blanche ... Ch'uis naze.
J'ai tout le plan en tête, mais dès que je suis devant le clavier... Nada. Alors on se change vite fait les idées, rien qui sort.
J'ai une tête de déterré, j'ai carburé toute la nuit au kiri et au jus d'orange...
Okin a cru que c'était la fête, du coup il a balancé sa litière dehors, fait un boucan d'enfer... Si ça avait été un chat il aurait fini à la porte. Enfin il était là pour les câlins, ça fait du bien.
Je veux un calin.
Mon royaume pour un calin.
Mon canapé ressemble à un camp de réfugiés politiques (je dis ça et je sais même pas à quoi ça ressemble un camp de réfugié politique en forme de canapé...), et j'ai vraiment l'air complètement con avec mon bonnet de nuit sur la tête. Mais ça me réconforte.
J'ai aussi eu ma minute "câlin sur flokati"... Wé j'ai pété un câble toute la nuit à écouter de la musique en boucle... Faut vraiment que je renouvelle ma playlist, et en voulant changer de station de radio j'ai plus que du grisouillis. J'en ai marre ça avance pas et ça me rend vulgaire...
Je me supporte pas quand je suis vulgaire
Je ressemble à rien, je fais rien j'avance pas.
PUTAIN QU'EST-CE QUE JE BRANLE ! BOSSE CONNARD !
J'en peux plus, j'ai plus de jus, mes doigts sont paralysés devant le traitement de texte, alors que dans ma tête tout est là, en ordre. Et c'est bien la première fois...
J'ai mal au crâne, mais c'est plus l'heure de se reposer, je me suis endormi comme une merde sur mon canapé devant l'ordi, ça avance pas.
Qu'est-ce qui cloche chez moi ? Je veux être tout seul pour bosser mais j'ai jamais eu autant besoin de voir du monde.
Mais faut que je bosse, et les autres me gênent pour ça.
Me faut un câlin.
Je veux bosser dans tes bras. Fais chier t'es pas là. De toute façon bosser dans tes bras c'est pas possible, t'es qu'un obsédé. J'aime ça.
Pfiou allez faut que je bosse, que je bosse, que je bosse... ALLEZ BOSSE BOULET !
J'ai tout le plan en tête, mais dès que je suis devant le clavier... Nada. Alors on se change vite fait les idées, rien qui sort.
J'ai une tête de déterré, j'ai carburé toute la nuit au kiri et au jus d'orange...
Okin a cru que c'était la fête, du coup il a balancé sa litière dehors, fait un boucan d'enfer... Si ça avait été un chat il aurait fini à la porte. Enfin il était là pour les câlins, ça fait du bien.
Je veux un calin.
Mon royaume pour un calin.
Mon canapé ressemble à un camp de réfugiés politiques (je dis ça et je sais même pas à quoi ça ressemble un camp de réfugié politique en forme de canapé...), et j'ai vraiment l'air complètement con avec mon bonnet de nuit sur la tête. Mais ça me réconforte.
J'ai aussi eu ma minute "câlin sur flokati"... Wé j'ai pété un câble toute la nuit à écouter de la musique en boucle... Faut vraiment que je renouvelle ma playlist, et en voulant changer de station de radio j'ai plus que du grisouillis. J'en ai marre ça avance pas et ça me rend vulgaire...
Je me supporte pas quand je suis vulgaire
Je ressemble à rien, je fais rien j'avance pas.
PUTAIN QU'EST-CE QUE JE BRANLE ! BOSSE CONNARD !
J'en peux plus, j'ai plus de jus, mes doigts sont paralysés devant le traitement de texte, alors que dans ma tête tout est là, en ordre. Et c'est bien la première fois...
J'ai mal au crâne, mais c'est plus l'heure de se reposer, je me suis endormi comme une merde sur mon canapé devant l'ordi, ça avance pas.
Qu'est-ce qui cloche chez moi ? Je veux être tout seul pour bosser mais j'ai jamais eu autant besoin de voir du monde.
Mais faut que je bosse, et les autres me gênent pour ça.
Me faut un câlin.
Je veux bosser dans tes bras. Fais chier t'es pas là. De toute façon bosser dans tes bras c'est pas possible, t'es qu'un obsédé. J'aime ça.
Pfiou allez faut que je bosse, que je bosse, que je bosse... ALLEZ BOSSE BOULET !
21/02/2008
Uneraseable sin
J'ai toujours été plus efficace dans l'urgence, il faut croire que cela me stimule. Les situations borderline, plus abracadabrantes les unes que les autres, j'ai su jusqu'ici les enchainer avec brio, comme si elles étaient réglées dans un script qui m'échappe.
Il y a des gens qui s'ennuient dans leur vie, ce n'est pas mon cas. Il m'arrive de penser que c'est mon karma qui cause tout ça. Ma vie précédente a dû être très très longue et chiante, pour m'imposer un rythme pareil.
L'avantage, c'est que si un jour on doit faire une biographie de moi, vu mon incroyable personnalité et mon immense talent cela viendra tôt ou tard, et bien il y aura de la matière pour plusieurs tomes.
A quoi bon lutter, si je me retrouve tellement dans les tas de pixels humanoïdes, ce n'est pas pour rien, et de toute façon je me plais à penser que la part inconsciente de mon être qui provoque tout cela est un scénariste fantastique, doublé d'un metteur en scène de génie. J'envie le talent de mon inconscient, il est capable de me faire croire n'importe quoi, et je serai bien en peine de l'égaler. Je suis bon spectateur, cela doit l'aider pas mal aussi, mais il faut dire ce qui est : la mise en scène de mon existence est quasi-parfaite, on n'y voit que du feu.
Un bon petit film que je conseille donc, mais la salle est déjà quasi-bondée, dépéchez-vous de saisir les dernières places !
Enfin, il y a un petit défaut quand-même... pas assez de temps morts. Laisse un peu souffler le spectateur, ce n'est pas agréable d'être en apnée pendant toute la séance ...

Il y a des gens qui s'ennuient dans leur vie, ce n'est pas mon cas. Il m'arrive de penser que c'est mon karma qui cause tout ça. Ma vie précédente a dû être très très longue et chiante, pour m'imposer un rythme pareil.
L'avantage, c'est que si un jour on doit faire une biographie de moi, vu mon incroyable personnalité et mon immense talent cela viendra tôt ou tard, et bien il y aura de la matière pour plusieurs tomes.
A quoi bon lutter, si je me retrouve tellement dans les tas de pixels humanoïdes, ce n'est pas pour rien, et de toute façon je me plais à penser que la part inconsciente de mon être qui provoque tout cela est un scénariste fantastique, doublé d'un metteur en scène de génie. J'envie le talent de mon inconscient, il est capable de me faire croire n'importe quoi, et je serai bien en peine de l'égaler. Je suis bon spectateur, cela doit l'aider pas mal aussi, mais il faut dire ce qui est : la mise en scène de mon existence est quasi-parfaite, on n'y voit que du feu.
Un bon petit film que je conseille donc, mais la salle est déjà quasi-bondée, dépéchez-vous de saisir les dernières places !
Enfin, il y a un petit défaut quand-même... pas assez de temps morts. Laisse un peu souffler le spectateur, ce n'est pas agréable d'être en apnée pendant toute la séance ...

18/02/2008
Vanishing point
Toutes ces lignes, ces si petites courbes sinueuses, si infimes, si émouvantes dans leur fragilité, se nouant dans ma main pour savoir ce qu'elle deviendra. Frapperas-tu ? A mort ? Caresseras-tu ? A vie ?Petit fragment d'un autre moi hypothétique, pourquoi me rejoins-tu aujourd'hui pour me hanter alors que tu n'es pour le moment qu'un avenir ?
Les planètes s'alignent, les astres entrent en conjonction, toutes les voies, tous les possibles, se noueront bientôt devant moi. Quels liens trancherai-je ?
Tout ce qui doit advenir arrivera, je le sais, mais c'est maintenant que j'aiguise les lames qui me séparent de mes rêves, ou de mes cauchemars.
Top, je lance la pièce. Pile ou face ? Elle court sur le sol, décrivant des cercles de plus en plus concentrés, rebondit sur les aléas du carrelage. L'assemblée de miroirs retient son souffle, guettant la sentence. La pièce reste sur la tranche, mais vacille, au centre de la gigantesque toile d'araignée de tous les possibles, alors même que la gravité prend une petite pause clope.
Génocide de reflets dans 10 jours ...
Les planètes s'alignent, les astres entrent en conjonction, toutes les voies, tous les possibles, se noueront bientôt devant moi. Quels liens trancherai-je ?
Tout ce qui doit advenir arrivera, je le sais, mais c'est maintenant que j'aiguise les lames qui me séparent de mes rêves, ou de mes cauchemars.
Top, je lance la pièce. Pile ou face ? Elle court sur le sol, décrivant des cercles de plus en plus concentrés, rebondit sur les aléas du carrelage. L'assemblée de miroirs retient son souffle, guettant la sentence. La pièce reste sur la tranche, mais vacille, au centre de la gigantesque toile d'araignée de tous les possibles, alors même que la gravité prend une petite pause clope.
Génocide de reflets dans 10 jours ...
10/02/2008
Paranoïde
Quelque chose cloche.
Je viens à peine de finir une petite soirée entre potes et de rentrer chez moi, et quelque chose cloche.
On se dit bonne nuit, tout sourire, on se fait la bise, mais mes sens sont déjà en éveil, à l'affût du moindre indice. J'arrive devant ma porte, et je vois que le paillasson extérieur a bougé.
Je sais pertinemment que ce sont ces abrutis de chats en mal d'amour qui se sont encore tronchés dans le jardin, mais mes neurones surexcités ont déjà dissimulé un monstre à trois têtes ninja derrière l'ersatz de plante qui sert de végétation.
J'ouvre ma porte, et pour laisser le temps à l'ampoule à économie d'énergie d'éclairer convenablement, je trouve un prétexte à la con pour passer 10 secondes chez la voisine. L'économie d'énergie n'économise pas mes nerfs, et si je suis ravi que la Terre se réchauffe moins vite grâce à cela, ailleurs la fièvre monte.
De nouveau dans le jardin, mon champ de vision montre clairement ses limites. Les angles morts sont surpeuplés, et mon coeur cale soudainement. Quelque chose a bougé derrière moi.
Je me retourne, ainsi que mon ombre, goguenarde. Je suis vraiment trop con.
Je rentre chez moi, fermant la porte soigneusement. L'atmosphère est oppressante, le lapin est surexcité dans sa cage. Plus pour me rassurer que pour lui, je lui explique que je monte l'ordinateur dans la chambre et que je le nourris après.
L'escalier est un supplice, en cas d'agression, les bras empêtrés dans les câbles d'ordi, je me vautre, c'est sûr. Et les 3 serial killers qui m'attendent de pied ferme en profiteront très certainement. De toute façon je sais déjà où ils sont : un dans la baignoire, l'autre accroché à la gouttière et le dernier sous le lit. C'est tellement prévisible ...

Finalement pas d'embuscade dans l'escalier ... Je ne m'en sens que plus mal. Je dépose l'ordinateur sur le lit, passe vite fait au wc pour pisser. Je suis à côté de la fenêtre, je vais m'en manger plein la gueule. Je remarque d'ailleurs que le niveau de l'eau de la cuvette a baissé. Et merde, manquait plus que des aliens dans mes canalisations. Mon reflet dans la vitre me surveille, et me met met mal à l'aise. Mais si je le regarde et qu'il me fait un clin d'oeil ou que le serial killer surgit, je sais que je vais tomber dans les pommes. J'évite donc soigneusement de regarder la vitre, tout comme le miroir. On sait jamais, au cas où un démon millénaire apparaitrait à ce moment là, la situation deviendrait ingérable.
Je suis sorti vivant de la salle de bain, je commence maintenant à sentir mon poil se hérisser. Quelque chose cloche, mais vraiment. Le lapin s'agite toujours autant, lui aussi doit sentir un truc, ou avoir la dalle. Je redescend et j'expédie la distribution de graines. Je me retourne et... je ne vois pas mon trousseau de clés sur la porte. Une sensation de sueur glacée descend le long de ma nuque. Ouf elles sont dans ma poche. Je verrouille rapidement la porte, me maudissant de cette erreur de débutant, m'attendant à tout moment à ce qu'une main explose la vitre et me saisisse pour me faire dévorer par une horde de zombies.
Je sécurise visuellement le périmètre immédiat, et me jette dans ma chambre. Je ferme la porte, mais je ne peux toujours pas souffler. J'enchaine les hallucinations visuelles, sonores et olfactives.
Les aliens des canalisations font des bloops dans ma salle de bains, dehors les zombies égorgent les chats qui hurlent, le serial killer posté sur le toit me fait de l'œil, tandis que celui sous le lit va m'attraper par le pied quand je vais enlever mes chaussettes, mais qu'importe, la sirène des pompiers m'avertit que Godzilla est à Wazemmes. Je ne peux même pas me cacher dans un coin, les murs se rapprochent et cherchent à m'attraper, j'étouffe.
Il faut dormir, je le sais, maintenant, pour échapper à ce cauchemar que mon imagination a créé de toute pièce.
Le croque-mitaine m'attend, bonne nuit ...
Je viens à peine de finir une petite soirée entre potes et de rentrer chez moi, et quelque chose cloche.
On se dit bonne nuit, tout sourire, on se fait la bise, mais mes sens sont déjà en éveil, à l'affût du moindre indice. J'arrive devant ma porte, et je vois que le paillasson extérieur a bougé.
Je sais pertinemment que ce sont ces abrutis de chats en mal d'amour qui se sont encore tronchés dans le jardin, mais mes neurones surexcités ont déjà dissimulé un monstre à trois têtes ninja derrière l'ersatz de plante qui sert de végétation.
J'ouvre ma porte, et pour laisser le temps à l'ampoule à économie d'énergie d'éclairer convenablement, je trouve un prétexte à la con pour passer 10 secondes chez la voisine. L'économie d'énergie n'économise pas mes nerfs, et si je suis ravi que la Terre se réchauffe moins vite grâce à cela, ailleurs la fièvre monte.
De nouveau dans le jardin, mon champ de vision montre clairement ses limites. Les angles morts sont surpeuplés, et mon coeur cale soudainement. Quelque chose a bougé derrière moi.
Je me retourne, ainsi que mon ombre, goguenarde. Je suis vraiment trop con.
Je rentre chez moi, fermant la porte soigneusement. L'atmosphère est oppressante, le lapin est surexcité dans sa cage. Plus pour me rassurer que pour lui, je lui explique que je monte l'ordinateur dans la chambre et que je le nourris après.
L'escalier est un supplice, en cas d'agression, les bras empêtrés dans les câbles d'ordi, je me vautre, c'est sûr. Et les 3 serial killers qui m'attendent de pied ferme en profiteront très certainement. De toute façon je sais déjà où ils sont : un dans la baignoire, l'autre accroché à la gouttière et le dernier sous le lit. C'est tellement prévisible ...

Finalement pas d'embuscade dans l'escalier ... Je ne m'en sens que plus mal. Je dépose l'ordinateur sur le lit, passe vite fait au wc pour pisser. Je suis à côté de la fenêtre, je vais m'en manger plein la gueule. Je remarque d'ailleurs que le niveau de l'eau de la cuvette a baissé. Et merde, manquait plus que des aliens dans mes canalisations. Mon reflet dans la vitre me surveille, et me met met mal à l'aise. Mais si je le regarde et qu'il me fait un clin d'oeil ou que le serial killer surgit, je sais que je vais tomber dans les pommes. J'évite donc soigneusement de regarder la vitre, tout comme le miroir. On sait jamais, au cas où un démon millénaire apparaitrait à ce moment là, la situation deviendrait ingérable.
Je suis sorti vivant de la salle de bain, je commence maintenant à sentir mon poil se hérisser. Quelque chose cloche, mais vraiment. Le lapin s'agite toujours autant, lui aussi doit sentir un truc, ou avoir la dalle. Je redescend et j'expédie la distribution de graines. Je me retourne et... je ne vois pas mon trousseau de clés sur la porte. Une sensation de sueur glacée descend le long de ma nuque. Ouf elles sont dans ma poche. Je verrouille rapidement la porte, me maudissant de cette erreur de débutant, m'attendant à tout moment à ce qu'une main explose la vitre et me saisisse pour me faire dévorer par une horde de zombies.
Je sécurise visuellement le périmètre immédiat, et me jette dans ma chambre. Je ferme la porte, mais je ne peux toujours pas souffler. J'enchaine les hallucinations visuelles, sonores et olfactives.
Les aliens des canalisations font des bloops dans ma salle de bains, dehors les zombies égorgent les chats qui hurlent, le serial killer posté sur le toit me fait de l'œil, tandis que celui sous le lit va m'attraper par le pied quand je vais enlever mes chaussettes, mais qu'importe, la sirène des pompiers m'avertit que Godzilla est à Wazemmes. Je ne peux même pas me cacher dans un coin, les murs se rapprochent et cherchent à m'attraper, j'étouffe.
Il faut dormir, je le sais, maintenant, pour échapper à ce cauchemar que mon imagination a créé de toute pièce.
Le croque-mitaine m'attend, bonne nuit ...
05/02/2008
Anonymous
Il y a quelques temps, mon confrère et néanmoins estimé voisin Sylf me parlait d'une curieuse secte issue du net. Plus (ou moins ?) qu'une secte, cet effet de mode semblait même avoir donné naissance à une entité nommée anonymous, composée en fait de personnes revendiquant leur anonymat et effectuant des actes en tant qu'anonymous, de la petite blague au pseudo-terrorisme en passant par le hacking.
Cette idée m'a assez fascinée, il s'en est d'ailleurs suivant un dialogue fort intéressant sur irc à propos de ça. Ca m'a d'ailleurs un peu fait penser au fight club sur certains aspects. Une curieuse petite révolution ou une bande de gamins qui jouent ? Bonne question.
Néanmoins, l'idée m'a semblée sympathique, mais pourquoi est-ce qu'aujourd'hui l'anonymat semble attirant alors que tant de gens luttent pour ne plus l'être ?
C'est vrai qu'aujourd'hui, la liberté individuelle est de plus en plus mise à mal, mais quel est ce besoin d'anonymat ?
A tout moment de l'histoire, les anonymes ont existé, effectuant des actes tout aussi anonymes qu'eux, et d'autres bien plus importants.
Cependant, l'anonymat n'existe que par peur d'éventuelles représailles. Dans notre monde "civilisé", est-il normal d'avoir peur ?
Il y a aussi peut-être une volonté de ne pas s'afficher, que je comprends tout à fait, ce n'est pas quelque chose que j'apprécie particulièrement personnellement. Cependant, nous sommes tous anonymes sans nous cacher, noyés dans la masse.
Se dissimuler ne serait-il donc pas un moyen de se faire mieux voir ? D'être plus visible en quelque sorte ? Renier son individualité pour former un tout plus grand et insaisissable ?
Cependant ce qu'il y a de paradoxal dans l'anonymat, c'est qu'il suffit qu'une personne mette tout en oeuvre pour faire sortir une autre personne de l'anonymat, cette dernière, quoi qu'elle fasse, finira de toute façon par revêtir une identité.
Et si cela arrive souvent, c'est parce que l'anonymat, constamment utilisé comme défense face à des forces extérieures, devient rapidement le repère de gens peu scrupuleux, du moins pour l'ordre existant. Ce qui était le repère de l'impartialité et du contre-pouvoir nécessaire semble être devenu l'apanage des corbeaux et autres individus peu scrupuleux. Telles les deux faces d'une pièce, Anonymous, pour porter des coups d'épée dans l'eau ou des coups de poignards dans le dos ?
Je suis anonyme sans l'être, je suis anonyme sans être anonymous. Anonymous, c'est je pense une création collective née de la peur de voir notre destin contrôlés par d'autres. Mais Anonymous n'y changera rien, même si je comprends parfaitement les gens qui essaient. Etre anonyme tout en échangeant des idées, c'est un rapport basé sur la confiance entre plusieurs parties. Et la partie est déjà truquée...

Constamment, nous sortons de l'anonymat pour les mauvaises personnes et redevenons anonymes aux yeux de ceux et celles que nous côtoyions pourtant la minute d'avant. Tous ces gens croisés au quotidien qui nous oublient, tous ces amis à portée d'un clic ou d'un coup de fil, mais que la gêne ou le temps nous rendent lointains et anonymes.
Si la lutte pour notre anonymat nous conduit d'ores et déjà vers une impasse, celle de notre non-anonymat, du contact avec de vraies personnes et leur identité propre ne connait que les impasses que nous batissons nous-même. Par auto-apitoiement ou par amour du mélodrame, tous les jours nous laissons pourrir des liens pourtant précieux, qui ne demandent pas grand chose pour retrouver leur éclat.
Il suffit juste parfois d'un petit signe, de regarder la personne et de dire "je sais que tu existes, je sais qui tu es" pour éviter un goût d'amertume dans la bouche. Si on peut mettre des livres entiers dans une clé usb, on doit bien avoir assez de mémoire pour réussir à mettre un sourire dans un coup de fil.
M'sieur Nono, merci d'avoir décroché, même après ces mois sans nouvelles. Merci de m'avoir reconnu, même si j'ai mûri. Merci d'être resté le même, et d'avoir changé. Merci d'avoir remonté le temps sans fermer la porte à l'avenir. Merci
Cette idée m'a assez fascinée, il s'en est d'ailleurs suivant un dialogue fort intéressant sur irc à propos de ça. Ca m'a d'ailleurs un peu fait penser au fight club sur certains aspects. Une curieuse petite révolution ou une bande de gamins qui jouent ? Bonne question.
Néanmoins, l'idée m'a semblée sympathique, mais pourquoi est-ce qu'aujourd'hui l'anonymat semble attirant alors que tant de gens luttent pour ne plus l'être ?
C'est vrai qu'aujourd'hui, la liberté individuelle est de plus en plus mise à mal, mais quel est ce besoin d'anonymat ?
A tout moment de l'histoire, les anonymes ont existé, effectuant des actes tout aussi anonymes qu'eux, et d'autres bien plus importants.
Cependant, l'anonymat n'existe que par peur d'éventuelles représailles. Dans notre monde "civilisé", est-il normal d'avoir peur ?
Il y a aussi peut-être une volonté de ne pas s'afficher, que je comprends tout à fait, ce n'est pas quelque chose que j'apprécie particulièrement personnellement. Cependant, nous sommes tous anonymes sans nous cacher, noyés dans la masse.
Se dissimuler ne serait-il donc pas un moyen de se faire mieux voir ? D'être plus visible en quelque sorte ? Renier son individualité pour former un tout plus grand et insaisissable ?
Cependant ce qu'il y a de paradoxal dans l'anonymat, c'est qu'il suffit qu'une personne mette tout en oeuvre pour faire sortir une autre personne de l'anonymat, cette dernière, quoi qu'elle fasse, finira de toute façon par revêtir une identité.
Et si cela arrive souvent, c'est parce que l'anonymat, constamment utilisé comme défense face à des forces extérieures, devient rapidement le repère de gens peu scrupuleux, du moins pour l'ordre existant. Ce qui était le repère de l'impartialité et du contre-pouvoir nécessaire semble être devenu l'apanage des corbeaux et autres individus peu scrupuleux. Telles les deux faces d'une pièce, Anonymous, pour porter des coups d'épée dans l'eau ou des coups de poignards dans le dos ?
Je suis anonyme sans l'être, je suis anonyme sans être anonymous. Anonymous, c'est je pense une création collective née de la peur de voir notre destin contrôlés par d'autres. Mais Anonymous n'y changera rien, même si je comprends parfaitement les gens qui essaient. Etre anonyme tout en échangeant des idées, c'est un rapport basé sur la confiance entre plusieurs parties. Et la partie est déjà truquée...

Constamment, nous sortons de l'anonymat pour les mauvaises personnes et redevenons anonymes aux yeux de ceux et celles que nous côtoyions pourtant la minute d'avant. Tous ces gens croisés au quotidien qui nous oublient, tous ces amis à portée d'un clic ou d'un coup de fil, mais que la gêne ou le temps nous rendent lointains et anonymes.
Si la lutte pour notre anonymat nous conduit d'ores et déjà vers une impasse, celle de notre non-anonymat, du contact avec de vraies personnes et leur identité propre ne connait que les impasses que nous batissons nous-même. Par auto-apitoiement ou par amour du mélodrame, tous les jours nous laissons pourrir des liens pourtant précieux, qui ne demandent pas grand chose pour retrouver leur éclat.
Il suffit juste parfois d'un petit signe, de regarder la personne et de dire "je sais que tu existes, je sais qui tu es" pour éviter un goût d'amertume dans la bouche. Si on peut mettre des livres entiers dans une clé usb, on doit bien avoir assez de mémoire pour réussir à mettre un sourire dans un coup de fil.
M'sieur Nono, merci d'avoir décroché, même après ces mois sans nouvelles. Merci de m'avoir reconnu, même si j'ai mûri. Merci d'être resté le même, et d'avoir changé. Merci d'avoir remonté le temps sans fermer la porte à l'avenir. Merci
02/02/2008
Skhizein

On dit de moi que je suis insouciant.
On dit de moi que j'ai mauvais goût.
On dit de moi que je suis le mec le plus stressé de la terre, obnubilé par l'heure.
On dit de moi que je suis pragmatique.
On dit de moi que je suis incapable de m'occuper de moi-même.
On dit de moi que je suis égoïste.
On dit de moi que j'ai une phobie des poils.
On dit de moi que je suis l'optimisme incarné.
On dit de moi que je suis incapable d'arriver à l'heure quelque part.
On dit de moi que je pense trop aux autres.
On dit de moi que je suis dur.
On dit de moi que je suis patient.
On dit de moi que je ne vis que pour moi.
On dit de moi que je suis tout le temps dans les nuages.
On dit de moi que je ne suis qu'un rôle que je me donne.
On dit de moi que je suis fidèle.
On dit de moi que je ne me donne pas les moyens de saisir ma chance lorsqu'elle se présente.
On dit de moi que je suis honnête.
On dit de moi que je suis névrosé.
On dit de moi que je suis compréhensif.
On dit de moi que je suis opportuniste.
On dit de moi que j'ai bon goût.
On dit de moi que je suis un enfant.
On dit de moi que je suis sombre.
On dit de moi que je cuisine bien.
On dit de moi que je suis inflexible.
On dit de moi que je suis menteur.
On dit de moi que j'aime les poils.
On dit de moi que je ne connais pas la fidélité.
On dit de moi que j'ai trop grandi.
On dit de moi que je suis dépressif.
On dit de moi que je m'emporte vite.
On dit de moi que je suis paresseux.
On dit de moi que j'en fait trop.
On dit de moi que je ne sais pas cuisiner.
...
Vous connaissez combien de moi ?
30/01/2008
Arcadia


Il est des jours ou des heures, il est des nuits et des songes, où je me demande parfois si la réalité ne se cacherait pas plutôt dans mes rêves que dans mes journées. Comment faire la différence ? Suis-je en train de rêver que je tape sur le clavier ou le fais-je réellement ? J'ai naturellement tendance à penser que le monde réel est celui-ci, parce que tout est cohérent et logique. Mais lorsque je rêve, même si à postériori tout semble décousu et incohérent, ce que je vis me semble au contraire tangible et réaliste.
Ce monde n'est-il que mon songe, alors que dans cet autre univers je me repose ?
Le monde de mes rêves me semble tellement plus riche, plus excitant, plus dangereux, plus triste, plus beau, plus seul ... qu'à mon réveil la vie semble plate et monotone. Il nous apparait souvent comme idyllique, pourtant dans ce fracas d'images et de sons, et même lorsqu'il ne s'agit pas de cauchemars, qu'est-ce qui fait que ce monde nous fait parfois nous sentir mieux ? Le bonheur qui semble se cacher derrière les paupières closes ne serait-il pas un leurre pour nous encourager à franchir toutes les nuits la barrière de ce monde si instable et pourtant si certain?
Et pourquoi tenons-nous tant à notre monde réel alors que nous avons tellement de mal à nous y sentir bien ? Est-ce parce que ce monde-ci est plus raisonnable que nous l'avons choisi comme monde véritable ? Parce que ce que nous y faisons semble avoir une continuité ? Si un jour je rêve que je rêve de ma vie réelle, celle-ci va-t-elle me sembler aussi peu crédible que mes virées nocturnes ? Pourquoi le monde "réel" est-il si incertain, pourquoi n'est-il que questions ?
Suis-je plus réel lorsque l'obscurité m'engloutit dans mes cauchemars de corps démembrés ou lorsque je me réveille en sueur ? Lorsque je vole dans un ciel mauve, suis-je plus tangible que lorsque je voyage sous terre dans un lombric de métal ?
Je rêve trop et tu ne rêves pas, est-ce pour cela que si je m'endors je te vois mort ? Et si au final ce monde n'est pas plus logique que l'autre, peut-être est-ce parce que la réalité n'existe nul part, et que je ne suis qu'une machine qui rêve...
17/01/2008
Ecstasy
7 secondes ...
Si seulement je n'avais que 7 secondes à attendre ...
Mais la chanson dure bien plus longtemps, et au final ça changera quoi ? Pas grand chose ...
Mais les secondes s'égrainent une par une, et c'est tant mieux.
Une seconde, c'est 3600 fragments d'heure, une seconde, c'est aussi une éternité ou un vestige.
Et pendant ce temps les nuages défilent, en une seconde, combien de gouttes de pluies ? Beaucoup, en même temps je ne passerai pas mon temps à les compter, je préfère regarder les secondes perdues à attendre... rien.

Savoir ne rien foutre est quand même un don plutôt sympa, réussir à le transcrire sur un écran c'est encore mieux. Si je me lisais combien de temps est-ce que je perdrai ?
Le temps c'est rien au final, que du vent, du mauvais temps, de la pluie qui s'écrase parce qu'elle s'emmerde, autant que moi quand j'attends ... toujours rien.
Addict à la seconde, à la seconde mais pas à la première, première quoi ? Le temps suicide ma raison, tout ce temps qui s'acharne à m'éloigner de cette seconde, cette éternité éphémère où je ne regarderai certainement pas ma montre... de toute façon je n'en ai plus, la trotteuse est la meilleure compagne de la folie.
Mais la seconde s'est déjà enfuie, poursuivie par le lapin blanc, et moi j'attends déjà la prochaine, dose d'éternité pour j'espère bien plus que 3600 fragments.
Si seulement je n'avais que 7 secondes à attendre ...
Mais la chanson dure bien plus longtemps, et au final ça changera quoi ? Pas grand chose ...
Mais les secondes s'égrainent une par une, et c'est tant mieux.
Une seconde, c'est 3600 fragments d'heure, une seconde, c'est aussi une éternité ou un vestige.
Et pendant ce temps les nuages défilent, en une seconde, combien de gouttes de pluies ? Beaucoup, en même temps je ne passerai pas mon temps à les compter, je préfère regarder les secondes perdues à attendre... rien.

Savoir ne rien foutre est quand même un don plutôt sympa, réussir à le transcrire sur un écran c'est encore mieux. Si je me lisais combien de temps est-ce que je perdrai ?
Le temps c'est rien au final, que du vent, du mauvais temps, de la pluie qui s'écrase parce qu'elle s'emmerde, autant que moi quand j'attends ... toujours rien.
Addict à la seconde, à la seconde mais pas à la première, première quoi ? Le temps suicide ma raison, tout ce temps qui s'acharne à m'éloigner de cette seconde, cette éternité éphémère où je ne regarderai certainement pas ma montre... de toute façon je n'en ai plus, la trotteuse est la meilleure compagne de la folie.
Mais la seconde s'est déjà enfuie, poursuivie par le lapin blanc, et moi j'attends déjà la prochaine, dose d'éternité pour j'espère bien plus que 3600 fragments.
13/01/2008
Inlandsis
Elle parle, affalée dans son fauteuil, cigarette à la main, rayonnante.
Papotages, potins, et d'autres choses plus sérieuses, les sujets se suivent, et se ressemblent un peu.
J'écoute, je réponds, me moque un peu, je souris, je suis là et je suis bien.
Pourtant j'ai froid.
Il bricole, essayant de faire un pouf avec des bouts de bois. Incrédule, mon rhum coca à la main, je le regarde faire tout en chahutant avec la citrouille qui lui sert de chat. La boule de poil est sans pitié, mais je suis une bien plus grosse bête qu'elle. Elle déclare forfait et part s'enchevêtrer dans le rideau.
Et j'ai froid.
On discute sortilèges et coups spéciaux, je lui montre ma maîtrise des arcanes, surtout ma maîtrise de la fuite. Puis on sort voir des poissons tous plus beaux les uns que les autres. J'apprends plein de choses et je regarde toutes ces bestioles plus ou moins tropicales grouiller, émerveillé par tant de couleurs et de richesses.
Encore froid.
Je réponds à un client tout en écoutant les âneries de mes collègues, le chauffage fait visiblement du zèle. On voit passer une furie avec une batte de baseball gonflable, tandis que le tahitien en face de moi réussit encore à se plaindre du froid.
Toujours froid.
Seul devant mon ordinateur, j'écoute de la musique qui me fait voyager loin, en Grèce ou à Rome, et rédige un énième article. Ma main droite est comme gelée de l'intérieur. Plus d'énergie, je suis comme engourdi.
Si froid.

Je regarde mon lit, froid, si froid, trop froid, et je retarde l'échéance le plus possible. Halte au masochisme, je n'ai pas envie de me coucher et de contaster une fois encore le vide béant qui me bouffe toute la chaleur.
Le radiateur inutile fait pourtant de son mieux, claque sous l'effet de la dilatation, et je me marre en pensant à tous ces frileux qui viennent du sud et qui ont l'impression d'avoir froid.
Chochottes.
Papotages, potins, et d'autres choses plus sérieuses, les sujets se suivent, et se ressemblent un peu.
J'écoute, je réponds, me moque un peu, je souris, je suis là et je suis bien.
Pourtant j'ai froid.
Il bricole, essayant de faire un pouf avec des bouts de bois. Incrédule, mon rhum coca à la main, je le regarde faire tout en chahutant avec la citrouille qui lui sert de chat. La boule de poil est sans pitié, mais je suis une bien plus grosse bête qu'elle. Elle déclare forfait et part s'enchevêtrer dans le rideau.
Et j'ai froid.
On discute sortilèges et coups spéciaux, je lui montre ma maîtrise des arcanes, surtout ma maîtrise de la fuite. Puis on sort voir des poissons tous plus beaux les uns que les autres. J'apprends plein de choses et je regarde toutes ces bestioles plus ou moins tropicales grouiller, émerveillé par tant de couleurs et de richesses.
Encore froid.
Je réponds à un client tout en écoutant les âneries de mes collègues, le chauffage fait visiblement du zèle. On voit passer une furie avec une batte de baseball gonflable, tandis que le tahitien en face de moi réussit encore à se plaindre du froid.
Toujours froid.
Seul devant mon ordinateur, j'écoute de la musique qui me fait voyager loin, en Grèce ou à Rome, et rédige un énième article. Ma main droite est comme gelée de l'intérieur. Plus d'énergie, je suis comme engourdi.
Si froid.

Je regarde mon lit, froid, si froid, trop froid, et je retarde l'échéance le plus possible. Halte au masochisme, je n'ai pas envie de me coucher et de contaster une fois encore le vide béant qui me bouffe toute la chaleur.
Le radiateur inutile fait pourtant de son mieux, claque sous l'effet de la dilatation, et je me marre en pensant à tous ces frileux qui viennent du sud et qui ont l'impression d'avoir froid.
Chochottes.
07/01/2008
Echos
Dès notre enfance, consciemment ou non, on réfléchit sur le monde, on pense, on pense, les idées tournent, se posent, briques par briques, tel un légo planétaire.Ce monde prend vie, autour de solides gratte-ciels qui frôlent les nuages, les couchers de soleil sont éternels, nous voyons le monde tel qu'il est, et dieux que nous sommes, condamnons toute autre vision.
Dès lors, dès que nous sortons de notre bulle anti-sismique, on constate que quelque chose cloche, telle une voyante qui aurait pioché la tour en ruine (arcane majeur placé sous le chiffre 7 tiens), notre château de carte s'effondre, notre monde dégringole.
On se relève, tant bien que mal, nu comme des vers parmi les autres humains, tout en gardant en tête la vision de ce monde déchu.
Tels des élus illusoires, nous portons le poids de nos souvenirs. Nous avons goûté le paradis, et ce monde est si misérable en comparaison. Monde réel qui nous a arraché à nos rêves, tu ne vaux rien, car nous te contrôlons si peu. Nos égos de dieux de papier hurlent leur rage d'être si impuissants, alors on s'adapte, tout en hurlant intérieurement.
Certains lâchent prise, retournent dans leur vision idéale par n'importe quel moyen, d'autres meurent, tout simplement, certains échouent parfois, et ceux qui restent s'arment, par tous les moyens.
On lève les boucliers, endosse les cuirasses. Le monde est tous ses habitants qui nous ont fait si mal ne nous toucheront plus. Et pour certains la meilleure défense c'est l'attaque, alors on frappe, on frappe pour tuer. Faire mal, le plus mal possible, là où la carapace est encore tendre, parce que montrer sa faiblesse, c'est un risque de souffrir encore plus.
On devient un connard dans un monde de connards, et on a bien l'intention de survivre. La fin justifie les moyens, et ma fin est plus importante que la votre.
Et un jour on tombe, on se prépare à subir le dernier coup, mais il ne vient pas, car l'adversaire a la faiblesse de vous tendre la main. Alors cette entité que l'on défend de tout son coeur s'agrandit, on rebatît les gratte-ciels, notre voix dans ce monde a trouvé un écho.
Ce serait une belle chose, si le monde réel devenait beau, mais ce n'est pas le cas, les autres restent des adversaires, malgré tout, car jamais ils ne pourront comprendre cette douleur lancinante que pourtant chacun garde précieusement, jalousement presque.
Alors, les armures restent, qu'elles soient d'agressivité ou de sourires. Les autres restent des cons, indignes d'exister dans ce monde.
Une vision suffit à porter un jugement, dieu juge et ne pardonne pas, l'idée est là, en tête, définitive, ce mec est inférieur, ou pas fréquentable, bref quelque chose de très net nous sépare de lui, puisqu'après tout nous sommes dieu.
Et puis on allume son ordinateur, on se promène sur le net, et là on lit des choses, on en trouve d'autres, et l'image se brise. Regard écarquillé sur des tas de pixels, une larme coule, sur la vision d'un autre monde en ruine, pourtant si beau. Chacun enfermé dans nos cuirasses, ni l'un ni l'autre n'avons pris conscience que tout le monde tôt ou tard tire la seizième carte. Et là on aimerait parler, envoyer un message, un signe, un clin d'oeil peut-être. Dire qu'on est là aussi. Mais il est plus prudent de revêtir une fois de plus sa carapace.
Bas les masques, je suis dieu, et vous aussi, enfin je crois ...
Dès lors, dès que nous sortons de notre bulle anti-sismique, on constate que quelque chose cloche, telle une voyante qui aurait pioché la tour en ruine (arcane majeur placé sous le chiffre 7 tiens), notre château de carte s'effondre, notre monde dégringole.
On se relève, tant bien que mal, nu comme des vers parmi les autres humains, tout en gardant en tête la vision de ce monde déchu.
Tels des élus illusoires, nous portons le poids de nos souvenirs. Nous avons goûté le paradis, et ce monde est si misérable en comparaison. Monde réel qui nous a arraché à nos rêves, tu ne vaux rien, car nous te contrôlons si peu. Nos égos de dieux de papier hurlent leur rage d'être si impuissants, alors on s'adapte, tout en hurlant intérieurement.
Certains lâchent prise, retournent dans leur vision idéale par n'importe quel moyen, d'autres meurent, tout simplement, certains échouent parfois, et ceux qui restent s'arment, par tous les moyens.
On lève les boucliers, endosse les cuirasses. Le monde est tous ses habitants qui nous ont fait si mal ne nous toucheront plus. Et pour certains la meilleure défense c'est l'attaque, alors on frappe, on frappe pour tuer. Faire mal, le plus mal possible, là où la carapace est encore tendre, parce que montrer sa faiblesse, c'est un risque de souffrir encore plus.
On devient un connard dans un monde de connards, et on a bien l'intention de survivre. La fin justifie les moyens, et ma fin est plus importante que la votre.
Et un jour on tombe, on se prépare à subir le dernier coup, mais il ne vient pas, car l'adversaire a la faiblesse de vous tendre la main. Alors cette entité que l'on défend de tout son coeur s'agrandit, on rebatît les gratte-ciels, notre voix dans ce monde a trouvé un écho.
Ce serait une belle chose, si le monde réel devenait beau, mais ce n'est pas le cas, les autres restent des adversaires, malgré tout, car jamais ils ne pourront comprendre cette douleur lancinante que pourtant chacun garde précieusement, jalousement presque.
Alors, les armures restent, qu'elles soient d'agressivité ou de sourires. Les autres restent des cons, indignes d'exister dans ce monde.
Une vision suffit à porter un jugement, dieu juge et ne pardonne pas, l'idée est là, en tête, définitive, ce mec est inférieur, ou pas fréquentable, bref quelque chose de très net nous sépare de lui, puisqu'après tout nous sommes dieu.
Et puis on allume son ordinateur, on se promène sur le net, et là on lit des choses, on en trouve d'autres, et l'image se brise. Regard écarquillé sur des tas de pixels, une larme coule, sur la vision d'un autre monde en ruine, pourtant si beau. Chacun enfermé dans nos cuirasses, ni l'un ni l'autre n'avons pris conscience que tout le monde tôt ou tard tire la seizième carte. Et là on aimerait parler, envoyer un message, un signe, un clin d'oeil peut-être. Dire qu'on est là aussi. Mais il est plus prudent de revêtir une fois de plus sa carapace.
Bas les masques, je suis dieu, et vous aussi, enfin je crois ...
06/01/2008
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé...
Hystérique, elle me regarde fixement, puis un sourire se dessine sur son visage fiévreux, elle trépigne, sautille partout, allume sa clope et crie : "Il me maaaaaaaaanqueeeeeeeuh"
Maniaque, en pleine après-midi elle me met la musique à fond, les haut parleurs scandent Boys boys boys ! I'm looking for a good time ! pendant qu'elle dévaste son appart pour remplacer ses vaches par des lézards.
Euphorique, elle me glisse à l'oreille "c'est mon namour il revient bientôt".
Gourmande, elle reste pensive, les yeux dans le vague, les joues empourprées, puis lance "quand il se promène en boxer, c'est un appel au viol", et elle rajoute "il est super bien foutu en plus, oulouloulou !"
Hygiènique, quand je lui demande si elle dort avec ton caleçon, elle me répond : "non je l'ai mis à laver"
Psychologue, elle me raconte qu'elle n'est pas triste, non non, puisqu'elle sait que tu reviens vite, vu que tu le lui as dit.
Commère, elle me raconte que de ton côté tu as trop envie de revenir, que ta mère te fait faire tes bagages, mais elle elle fait comme tu dis, toute fierotte elle est pas triste du tout, elle gère comme une grande.
Pétasse, elle laisse un gros blanc dans la discussion avant de balancer "il me manque trop, je sais pas comment t'arrives à gérer la distance avec Tof".
Cuisinière, elle a déjà prévu tout ce que tu vas manger en arrivant. Mon pauvre, va falloir te mettre au sport.
Geek, elle a surveillé tout ton trajet via téléphone, te récupère aussitôt sur msn, big brother est une glaireuse.
Insupportable, elle a réussi à me faire vivre tout ça en l'espace d'un quart d'heure cumulé.
Seb, putain de bordel de balai à chiotte bouge tes fesses ! La personne qui attend avec le plus d'impatience ton retour à Lille, c'est pas elle, c'est moi ><
Donc grouille toi, sinon je vais l'assassiner à coups de truelle ...
Maniaque, en pleine après-midi elle me met la musique à fond, les haut parleurs scandent Boys boys boys ! I'm looking for a good time ! pendant qu'elle dévaste son appart pour remplacer ses vaches par des lézards.
Euphorique, elle me glisse à l'oreille "c'est mon namour il revient bientôt".
Gourmande, elle reste pensive, les yeux dans le vague, les joues empourprées, puis lance "quand il se promène en boxer, c'est un appel au viol", et elle rajoute "il est super bien foutu en plus, oulouloulou !"
Hygiènique, quand je lui demande si elle dort avec ton caleçon, elle me répond : "non je l'ai mis à laver"
Psychologue, elle me raconte qu'elle n'est pas triste, non non, puisqu'elle sait que tu reviens vite, vu que tu le lui as dit.
Commère, elle me raconte que de ton côté tu as trop envie de revenir, que ta mère te fait faire tes bagages, mais elle elle fait comme tu dis, toute fierotte elle est pas triste du tout, elle gère comme une grande.
Pétasse, elle laisse un gros blanc dans la discussion avant de balancer "il me manque trop, je sais pas comment t'arrives à gérer la distance avec Tof".
Cuisinière, elle a déjà prévu tout ce que tu vas manger en arrivant. Mon pauvre, va falloir te mettre au sport.
Geek, elle a surveillé tout ton trajet via téléphone, te récupère aussitôt sur msn, big brother est une glaireuse.
Insupportable, elle a réussi à me faire vivre tout ça en l'espace d'un quart d'heure cumulé.
Seb, putain de bordel de balai à chiotte bouge tes fesses ! La personne qui attend avec le plus d'impatience ton retour à Lille, c'est pas elle, c'est moi ><
Donc grouille toi, sinon je vais l'assassiner à coups de truelle ...
04/01/2008
Blackout
Sons diffus qui résonnent encore dans mes tympans, de rires et de cris, de musique et de respirations, je suis pourtant seul dans ma chambre.
Allongé sur mon lit d'enfant, la pièce est fraîche et sombre, alors que mes volets peinent à empêcher le soleil estival d'entrer.

Mon regard se noie dans l'étrange lueur qui baigne ma chambre, hagard, en quête de repère.
Le monde tourne, tourne, tourne, éthylique et instable. Je ferme les yeux et le noir m'éblouit, je tombe alors que je suis déjà allongé. Il vaut mieux les laisser ouvert pour le moment.
La lumière qui filtre dessine des vagues sur le papier peint usé par le temps et des conneries de gosses.
Aucune pensée, seul un bourdonnement incessant, un rythme qui ne me quitte pas, des images diffuses, la musique de la nuit blanche qui me rattrape.
Je sens une vague odeur de transpiration mêlées à l'odeur de la fumée froide, de mon parfum et de ceux d'inconnus. Je cherche dans ma mémoire leurs visages, à tout ceux et celles avec qui j'ai passé la nuit, ces nuits, mais les visages s'effacent, seuls les corps et les actes comptent.
La musique dans ma tête s'amplifie, tribale dans mon souvenir, même si je sais pertinement qu'elle l'est beaucoup moins en vrai.
Ma tête se balance légèrement au souvenir diffus d'une soirée probablement mémorable mais finalement comme tant d'autre, démarrée par le même inlassable rituel.
Le choix des vêtements, le rasage de près, la coiffure calculée à la goutte de gel près, les capotes dans la poche même si on sait qu'elles ne serviront pas ce soir, puis la marche vers le lieu du vice.
On salue les videurs, une bouteille gratos c'est toujours ça de pris, puis on entre. Tout le monde se dévisage, à la fois gêné et suffisant. Jeunes coqs, perdre la face est inconcevable. Heureusement, la pénombre cache le malaise des moins forts, et la musique limite les discussions à des platitudes de gamin.
C'est l'heure de jouer les hommes, les bouteilles arrivent. Comme d'habitude, la soirée commence sur un whisky cul-sec, montrer qu'on tient, quoiqu'il arrive, puis un deuxième, voire un troisième.
Le rire vient rapidement, et la musique nous appelle peu après. Déjà passablement éméchés, la vue devient floue, peu importe, entre les fumigènes, les spots et les stroboscopes, voir ne sert plus qu'à grand chose.

La soirée ne devient plus que sensations, la musique dicte les mouvements du corps, on ferme les yeux, pendant des secondes, des heures, on plane sur des boîtes à rythme et des sons artificiels et lointains. Le monde se sépare, entre la réalité hésitante et les couleurs dans nos yeux. Personne ne s'arrête, même si le corps fait un peu mal, et que j'aurai mieux de prendre d'autres pompes. Il pleut, condensation dégueulasse de tous ces corps qui veulent oublier le monde.
Puis la musique se fige, le quart d'heure des slows attendus par certains et redoutés par d'autres arrive. La vacuité du monde te revient dans la gueule, heureusement une demoiselle timide te demande si tu veux bien danser avec elle.
Plutôt mignonne, mais on s'en fout on l'oubliera demain. On tourne lentement sur un air sirupeux, elle te dit des phrases sans importances à l'oreille pendant que tu fais en sorte de ne pas avoir l'air con tout en zyeutant discrètement comment se débrouillent les autres.
Elle approche sa tête, tu l'embrasses en espérant faire ça bien, pas pour moi, un peu pour elle, rien que pour te dire que toi aussi tu es un homme. Elle me regarde et ça me gêne, je ne sais même pas qui tu es ni ton nom, je veux juste me dire que je suis comme les autres. Je ferme les yeux, mauvaise idée. Le monde ne tourne pas à la même vitesse dans ma tête.
Fin des slows, l'épreuve est passée. On reste ensemble un moment, elle rejoint ses copines en me souriant, je rejoins mes copains qui me charrient un peu, ça fait du bien, ça me rassure. Elle a déjà disparu et je ne la reverrai sûrement jamais, qu'importe. La musique reprend, et je retrouve la joie de ne plus faire attention aux autres, comme avant ces slows sordides, et tous autour de moi semblent partager ce soulagement. Le temps passe, la musique baisse, le soleil se lève et nous rentrons à pied au milieu de la campagne, crevés et heureux, riant des maladresses des autres. Je retrouve enfin mon lit et m'affale dessus, sans quitter mes vêtements.
Je n'ai strictement aucune idée de pourquoi je me souviens maintenant de ce genre de soirées. Il y en a eu énormément, toutes basées sur le même modèle de soirée préfabriquée. Beaucoup de souvenirs et peu d'anecdotes au fond.
Je suppose que comme pas mal de chose cela me manque, plus que la soirée en elle-même, le sentiment d'abandon qui allait avec. L'excitation aussi, d'aller en boîte avant sa majorité, de faire comme les grands, de faire comme les autres. Peut-être tout bêtement d'être un autre de temps en temps...
Allongé sur mon lit d'enfant, la pièce est fraîche et sombre, alors que mes volets peinent à empêcher le soleil estival d'entrer.
Mon regard se noie dans l'étrange lueur qui baigne ma chambre, hagard, en quête de repère.
Le monde tourne, tourne, tourne, éthylique et instable. Je ferme les yeux et le noir m'éblouit, je tombe alors que je suis déjà allongé. Il vaut mieux les laisser ouvert pour le moment.
La lumière qui filtre dessine des vagues sur le papier peint usé par le temps et des conneries de gosses.
Aucune pensée, seul un bourdonnement incessant, un rythme qui ne me quitte pas, des images diffuses, la musique de la nuit blanche qui me rattrape.
Je sens une vague odeur de transpiration mêlées à l'odeur de la fumée froide, de mon parfum et de ceux d'inconnus. Je cherche dans ma mémoire leurs visages, à tout ceux et celles avec qui j'ai passé la nuit, ces nuits, mais les visages s'effacent, seuls les corps et les actes comptent.
La musique dans ma tête s'amplifie, tribale dans mon souvenir, même si je sais pertinement qu'elle l'est beaucoup moins en vrai.
Ma tête se balance légèrement au souvenir diffus d'une soirée probablement mémorable mais finalement comme tant d'autre, démarrée par le même inlassable rituel.
Le choix des vêtements, le rasage de près, la coiffure calculée à la goutte de gel près, les capotes dans la poche même si on sait qu'elles ne serviront pas ce soir, puis la marche vers le lieu du vice.
On salue les videurs, une bouteille gratos c'est toujours ça de pris, puis on entre. Tout le monde se dévisage, à la fois gêné et suffisant. Jeunes coqs, perdre la face est inconcevable. Heureusement, la pénombre cache le malaise des moins forts, et la musique limite les discussions à des platitudes de gamin.
C'est l'heure de jouer les hommes, les bouteilles arrivent. Comme d'habitude, la soirée commence sur un whisky cul-sec, montrer qu'on tient, quoiqu'il arrive, puis un deuxième, voire un troisième.
Le rire vient rapidement, et la musique nous appelle peu après. Déjà passablement éméchés, la vue devient floue, peu importe, entre les fumigènes, les spots et les stroboscopes, voir ne sert plus qu'à grand chose.
La soirée ne devient plus que sensations, la musique dicte les mouvements du corps, on ferme les yeux, pendant des secondes, des heures, on plane sur des boîtes à rythme et des sons artificiels et lointains. Le monde se sépare, entre la réalité hésitante et les couleurs dans nos yeux. Personne ne s'arrête, même si le corps fait un peu mal, et que j'aurai mieux de prendre d'autres pompes. Il pleut, condensation dégueulasse de tous ces corps qui veulent oublier le monde.
Puis la musique se fige, le quart d'heure des slows attendus par certains et redoutés par d'autres arrive. La vacuité du monde te revient dans la gueule, heureusement une demoiselle timide te demande si tu veux bien danser avec elle.
Plutôt mignonne, mais on s'en fout on l'oubliera demain. On tourne lentement sur un air sirupeux, elle te dit des phrases sans importances à l'oreille pendant que tu fais en sorte de ne pas avoir l'air con tout en zyeutant discrètement comment se débrouillent les autres.
Elle approche sa tête, tu l'embrasses en espérant faire ça bien, pas pour moi, un peu pour elle, rien que pour te dire que toi aussi tu es un homme. Elle me regarde et ça me gêne, je ne sais même pas qui tu es ni ton nom, je veux juste me dire que je suis comme les autres. Je ferme les yeux, mauvaise idée. Le monde ne tourne pas à la même vitesse dans ma tête.
Fin des slows, l'épreuve est passée. On reste ensemble un moment, elle rejoint ses copines en me souriant, je rejoins mes copains qui me charrient un peu, ça fait du bien, ça me rassure. Elle a déjà disparu et je ne la reverrai sûrement jamais, qu'importe. La musique reprend, et je retrouve la joie de ne plus faire attention aux autres, comme avant ces slows sordides, et tous autour de moi semblent partager ce soulagement. Le temps passe, la musique baisse, le soleil se lève et nous rentrons à pied au milieu de la campagne, crevés et heureux, riant des maladresses des autres. Je retrouve enfin mon lit et m'affale dessus, sans quitter mes vêtements.
Je n'ai strictement aucune idée de pourquoi je me souviens maintenant de ce genre de soirées. Il y en a eu énormément, toutes basées sur le même modèle de soirée préfabriquée. Beaucoup de souvenirs et peu d'anecdotes au fond.
Je suppose que comme pas mal de chose cela me manque, plus que la soirée en elle-même, le sentiment d'abandon qui allait avec. L'excitation aussi, d'aller en boîte avant sa majorité, de faire comme les grands, de faire comme les autres. Peut-être tout bêtement d'être un autre de temps en temps...
C'est une maison bleue...
... accrochée à ma mémoire, on y vient à pied, on ne frappe pas, ceux qui vivent là, ont jeté la clef...

C'est parfois troublant d'entendre dans les anecdotes des autres des échos qui vous ramènent à vos propres pensées. Ces derniers temps, on trouve à la courée des squatteurs qui tranchent un peu avec les autres. Tout d'abord parce qu'ils semblent débarquer d'une autre planète, et ensuite parce qu'ils refusent de partir.
Il faut croire que Lille, telle ma San Francisco idéalisée perdue dans les décennies révolues, refuse de laisser partir les gens. J'ai rarement assisté à autant de départs avortés en si peu de temps.
Entre les cheminots qui s'évertuent à faire partir leurs trains à des horaires indus et des conducteurs qui ne veulent pas reprendre leur voiture, ou d'autres qui tombent malades avant le départ, ceux qui oublient leur papier et encore les autres qui n'étaient venus là que pour un stage ou des études, Lille la tentaculaire nous retient prisonnier.
Les premières fois que je suis venu à Lille, j'ai senti une différence, Lille m'a souri, Lille m'a permis de me sentir libre parce que loin de chez moi, je pouvais enfin être moi.
Lille m'a déraciné, m'a emporté dans sa tourmente, m'a séduit aussi sûrement.
Je sens bien que ce n'est qu'une étape dans ma vie, et que la séparation sera douloureuse, mais Lille est une partie désormais intégrante de moi. Amusant de constater qu'une ville, à l'instar des gens que nous cotoyons tous les jours, nous forge.
Est-ce cela créer des racines ? Beaucoup de gens cherchent leurs racines, une quête effrénée qui semble parfois les dissoudre. Courir à tout prix vers le passé au point de pourrir le présent et d'annihiler tout futur. Rester dans le passé parce que c'était mieux avant, et que tout ce qui est nouveau fait peur.
Chercher ses racines, c'est être trouillard, courir après ses origines tout comme on se cachait dans la jupe de sa mère, c'est se voiler la face.
Allez de l'avant, encore, toujours, plus loin, plus vite, même si ça fait mal, surtout si ça fait mal, perdre des amis, en trouver d'autres, les perdre, les voir en sachant que demain ils mourront, mais profiter du bonheur présent, c'est ça vivre.
Regarder les arbres, voir qu'ils ont des racines qui s'enfoncent loin dans le sol, c'est beau.
Ouvrir les yeux et comprendre qu'un arbre se contrefout de savoir où sont ses racines, du moment qu'elles existent, c'est comprendre que le passé n'est qu'une base pour notre avenir, mais ne représente en rien l'avenir.
C'est peut-être parce que je sais que tu ne liras pas ces mots que je peux le dire aussi facilement.
Ce que j'ai compris, c'est ce que tu refuses de comprendre, et c'est notre différence. Je ne reproduirai pas tes erreurs, ni ne te suivrai dans ta folie. Jamais
... Liza et Luc, Sylvia, ne m'attendez pas...
C'est parfois troublant d'entendre dans les anecdotes des autres des échos qui vous ramènent à vos propres pensées. Ces derniers temps, on trouve à la courée des squatteurs qui tranchent un peu avec les autres. Tout d'abord parce qu'ils semblent débarquer d'une autre planète, et ensuite parce qu'ils refusent de partir.
Il faut croire que Lille, telle ma San Francisco idéalisée perdue dans les décennies révolues, refuse de laisser partir les gens. J'ai rarement assisté à autant de départs avortés en si peu de temps.
Entre les cheminots qui s'évertuent à faire partir leurs trains à des horaires indus et des conducteurs qui ne veulent pas reprendre leur voiture, ou d'autres qui tombent malades avant le départ, ceux qui oublient leur papier et encore les autres qui n'étaient venus là que pour un stage ou des études, Lille la tentaculaire nous retient prisonnier.
Les premières fois que je suis venu à Lille, j'ai senti une différence, Lille m'a souri, Lille m'a permis de me sentir libre parce que loin de chez moi, je pouvais enfin être moi.
Lille m'a déraciné, m'a emporté dans sa tourmente, m'a séduit aussi sûrement.
Je sens bien que ce n'est qu'une étape dans ma vie, et que la séparation sera douloureuse, mais Lille est une partie désormais intégrante de moi. Amusant de constater qu'une ville, à l'instar des gens que nous cotoyons tous les jours, nous forge.
Est-ce cela créer des racines ? Beaucoup de gens cherchent leurs racines, une quête effrénée qui semble parfois les dissoudre. Courir à tout prix vers le passé au point de pourrir le présent et d'annihiler tout futur. Rester dans le passé parce que c'était mieux avant, et que tout ce qui est nouveau fait peur.
Chercher ses racines, c'est être trouillard, courir après ses origines tout comme on se cachait dans la jupe de sa mère, c'est se voiler la face.
Allez de l'avant, encore, toujours, plus loin, plus vite, même si ça fait mal, surtout si ça fait mal, perdre des amis, en trouver d'autres, les perdre, les voir en sachant que demain ils mourront, mais profiter du bonheur présent, c'est ça vivre.
Regarder les arbres, voir qu'ils ont des racines qui s'enfoncent loin dans le sol, c'est beau.
Ouvrir les yeux et comprendre qu'un arbre se contrefout de savoir où sont ses racines, du moment qu'elles existent, c'est comprendre que le passé n'est qu'une base pour notre avenir, mais ne représente en rien l'avenir.
C'est peut-être parce que je sais que tu ne liras pas ces mots que je peux le dire aussi facilement.
Ce que j'ai compris, c'est ce que tu refuses de comprendre, et c'est notre différence. Je ne reproduirai pas tes erreurs, ni ne te suivrai dans ta folie. Jamais
... Liza et Luc, Sylvia, ne m'attendez pas...
22/12/2007
La sphère du bonheur absolu
Suite à quelques réflexions, je me suis juré que mon prochain article serait moins négatif, étant donné que vous tous qui lisez ceci avez tendance à croire que ma vision du monde est sombre (référez-vous à mon tout premier article tiens, ça va vous faire du bien).
Vous voulez du kikoulol ?
Accrochez-vous à vos chaussettes, c'est parti !

Bon du coup, j'ai été plutôt silencieux cette semaine, pas évident de regarder le monde autour de nous sans ne rien avoir à y redire, surtout au moment des fêtes.
Et surtout en fait, les gens heureux sont chiants à en mourir, ils n'ont rien d'intéressant à raconter.
Du coup, là ça ne se voit pas encore, mais je pédalais dans la semoule comme pas possible pour avoir quelque chose à mettre ici, quand soudain, jeudi plus précisément, vers 15h34 et des poussières, j'ai connu la béatitude. Alors attention hein, ne vous mèprenez pas, il n'y a strictement aucune intervention divine là-dedans, et je n'ai pas eu de flashback perdu dans le désert en train de discuter avec une quelconque icône (Mylène ? c'est toi là-bas perchée sur le cactus ?).
Ce que j'essaye de décrire, c'est qu'en fait, à ce moment là, précis, ma tête a subitement et sans raison particulière totalement cessé d'avoir la moindre pensée négative. Enfin ce n'est pas aussi simple, parce que devant l'énormité de la chose, j'ai quand-même pris le temps d'expérimenter.
Déjà, j'avais un sourire béat scotché sur la figure, qui a même effrayé Pichon pour le coup, parce que plus j'essayais d'avoir des pensées tristes en tête, plus j'étais heureux.
J'ai tout testé, les enfants du Maghreb, les bébés phoques, les petits somaliens, le téléthon, la myxomatose, tout !
Bah pas moyen, j'étais heureux, comme si j'avais transféré temporairement mon âme dans le corps de Oui-Oui en visite chez les bisounours. Alors j'ai cherché la cause de mon bonheur. J'ai passé en revu mon régime alimentaire de la matinée, le comportement de mon entourage (mais même LUI me saoulait pas à ce moment là !).
Mais, sauf si les fraises sont euphorisantes, je n'ai décelé aucune cause de mon sourire à la con.
Bon dis comme ça, ça a l'air sympa d'être Oui-Oui, mais je vous le déconseille en fait.
Déjà c'est super nuisible à la productivité : bah oui, je vous y verrai bien vous, à essayer de résoudre les problèmes des gens alors que dans votre état d'esprit, la notion même de problème n'existe plus.
Ensuite, imaginez que tout le monde soit dans cet état là. C'est triste à dire, mais ça ne marcherait pas. Le bonheur est un sentiment de contraste, on ne peut être heureux que si il y a des malheureux pour équilibrer la chose.
...
Une partie de moi est en train de se dire que si vous pouviez continuer à avoir une vie de merde en fait ça m'arrangerait bien, le bonheur ça détend...
...
Eh ! Me regardez pas comme ça, c'est vous qui vouliez voir un yenyen en mode positif...
Vous voulez du kikoulol ?
Accrochez-vous à vos chaussettes, c'est parti !
Bon du coup, j'ai été plutôt silencieux cette semaine, pas évident de regarder le monde autour de nous sans ne rien avoir à y redire, surtout au moment des fêtes.
Et surtout en fait, les gens heureux sont chiants à en mourir, ils n'ont rien d'intéressant à raconter.
Du coup, là ça ne se voit pas encore, mais je pédalais dans la semoule comme pas possible pour avoir quelque chose à mettre ici, quand soudain, jeudi plus précisément, vers 15h34 et des poussières, j'ai connu la béatitude. Alors attention hein, ne vous mèprenez pas, il n'y a strictement aucune intervention divine là-dedans, et je n'ai pas eu de flashback perdu dans le désert en train de discuter avec une quelconque icône (Mylène ? c'est toi là-bas perchée sur le cactus ?).
Ce que j'essaye de décrire, c'est qu'en fait, à ce moment là, précis, ma tête a subitement et sans raison particulière totalement cessé d'avoir la moindre pensée négative. Enfin ce n'est pas aussi simple, parce que devant l'énormité de la chose, j'ai quand-même pris le temps d'expérimenter.
Déjà, j'avais un sourire béat scotché sur la figure, qui a même effrayé Pichon pour le coup, parce que plus j'essayais d'avoir des pensées tristes en tête, plus j'étais heureux.
J'ai tout testé, les enfants du Maghreb, les bébés phoques, les petits somaliens, le téléthon, la myxomatose, tout !
Bah pas moyen, j'étais heureux, comme si j'avais transféré temporairement mon âme dans le corps de Oui-Oui en visite chez les bisounours. Alors j'ai cherché la cause de mon bonheur. J'ai passé en revu mon régime alimentaire de la matinée, le comportement de mon entourage (mais même LUI me saoulait pas à ce moment là !).
Mais, sauf si les fraises sont euphorisantes, je n'ai décelé aucune cause de mon sourire à la con.
Bon dis comme ça, ça a l'air sympa d'être Oui-Oui, mais je vous le déconseille en fait.
Déjà c'est super nuisible à la productivité : bah oui, je vous y verrai bien vous, à essayer de résoudre les problèmes des gens alors que dans votre état d'esprit, la notion même de problème n'existe plus.
Ensuite, imaginez que tout le monde soit dans cet état là. C'est triste à dire, mais ça ne marcherait pas. Le bonheur est un sentiment de contraste, on ne peut être heureux que si il y a des malheureux pour équilibrer la chose.
...
Une partie de moi est en train de se dire que si vous pouviez continuer à avoir une vie de merde en fait ça m'arrangerait bien, le bonheur ça détend...
...
Eh ! Me regardez pas comme ça, c'est vous qui vouliez voir un yenyen en mode positif...
15/12/2007
Real folk blues
J'ai toujours beaucoup aimé le vent, depuis que je suis tout petit. Le vent de ma campagne, je le connais bien, sa musique, sa force, son caractère. Il sent bon les balades à vélo, le crapahutage dans les ballots de paille, les tentatives d'envol de cerf-volant, les fins d'été qui semblent ne pas laisser l'automne arriver.
Ce vent aujourd'hui, je l'ai retrouvé. Comme un vieux compagnon qui m'avait bien plus manqué que ce que je pensais. Au milieu de ma plaine, je suis le roi de mon monde. Au loin je vois ma maison, celle de mon oncle, ainsi que celle de ma grand-mère et la vieille ferme en ruine de mes grands-parents. Le soleil rougit, l'air frais me fouette le visage, mon coeur se serre, j'ai enfin compris.
Ce n'est plus chez moi.

Même si ce genre de chose est inéluctable, on ne peut jamais le constater qu'une fois que la rupture est consommée. Je n'ai pas vu le coup venir. Je ne suis pas triste, nous savions tous que cela arriverait. Je me sens juste perdu. Sentir et savoir à quel point je suis bien ici, tout en comprenant que désormais mon fil d'Ariane est rompu.
Je me rend compte maintenant que j'ai entamé ma fuite en avant sans aucun égard pour tout ce que je laissais derrière moi. Une fois de plus je me suis perdu dans mon labyrinthe, en croyant naïvement que tout ce que je fuyais me poursuivrait.
Ca ne sert à rien de se lamenter, il faut bien s'envoler et se laisser porter par le vent un jour ou l'autre. Faut croire que j'ai grandi.
Comme tant d'autres, c'est à moi maintenant de trouver mon chez moi, mon chez nous, et de rentrer à la maison.
Ce vent aujourd'hui, je l'ai retrouvé. Comme un vieux compagnon qui m'avait bien plus manqué que ce que je pensais. Au milieu de ma plaine, je suis le roi de mon monde. Au loin je vois ma maison, celle de mon oncle, ainsi que celle de ma grand-mère et la vieille ferme en ruine de mes grands-parents. Le soleil rougit, l'air frais me fouette le visage, mon coeur se serre, j'ai enfin compris.
Ce n'est plus chez moi.

Même si ce genre de chose est inéluctable, on ne peut jamais le constater qu'une fois que la rupture est consommée. Je n'ai pas vu le coup venir. Je ne suis pas triste, nous savions tous que cela arriverait. Je me sens juste perdu. Sentir et savoir à quel point je suis bien ici, tout en comprenant que désormais mon fil d'Ariane est rompu.
Je me rend compte maintenant que j'ai entamé ma fuite en avant sans aucun égard pour tout ce que je laissais derrière moi. Une fois de plus je me suis perdu dans mon labyrinthe, en croyant naïvement que tout ce que je fuyais me poursuivrait.
Ca ne sert à rien de se lamenter, il faut bien s'envoler et se laisser porter par le vent un jour ou l'autre. Faut croire que j'ai grandi.
Comme tant d'autres, c'est à moi maintenant de trouver mon chez moi, mon chez nous, et de rentrer à la maison.
11/12/2007
Ever after
00:53
Deux ombres s'enfoncent dans une ruelle sordide, le bruit de leur pas à peine couvert par la bruine qui s'évertue à détremper le sol déjà ruisselant. Ils ne parlent pas, et avancent lentement sur la route, entourés par les voitures en stationnement. Soudain, le breton ouvre la bouche, pour laisser s'échapper la phrase fatidique :
"J'ai envie de grimper sur les voitures et de chanter..."
Cette phrase aurait dû me choquer, au moins m'interpeler. Mais non, je ne peux qu'acquiescer, puisqu'à ce moment précis je ressens exactement la même chose.
00:26
Cinq individus ressortent du métro, ils viennent de manquer la dernière rame. Dans la station déserte, certains chantonnent, Nico et Sylf dansent ensemble une valse improvisée, Echt fait l'écureuil devant un Alix en adoration, et moi, pensif, je cherche comme toujours à trouver les mots pour exprimer cette joie diffuse et frustrante qui parcourt mon être.

Vous êtes-vous déjà promené dans la rue, en pensant soudain que le moment serait idéal pour qu'un orchestre invisible lance la mélodie d'une comédie musicale tout aussi imprévue que maitrisée sans la moindre fausse note ?
Cela m'était déjà arrivé une fois ou deux, comme ça, par amusement, mais je suis sûr que vous qui lisez ce message, et qui n'avez pas partagé mon expérience de ce soir, ne pouvez comprendre l'ampleur de ce que j'essaye de vous décrire.
Imaginez que votre vie soit un livre d'enfant, une belle histoire avec une fin heureuse. Votre destin est tout tracé, mais vous ne le savez pas, et n'avez pour seule certitude que quoi qu'il arrive, tout se passera bien. Comme réglé sur du papier à musique. Et regardez maintenant le monde tel qu'il est.

C'est l'expérience troublante que vous propose "Il était une fois" : que feraient un prince et une princesse de conte de fées catapultés dans notre monde de cynisme et de désillusion ? Le résultat est extraordinaire, et si vous sortez de cette salle sans avoir envie de transformer votre vie en conte pour enfant, je pense que vous mentez.
00:54
Nous n'avons pas chanté, nous ne sommes pas montés sur les voitures, et les habitants de la ruelle paisible n'ont pas poussé leurs volets pour pousser la chansonnette. Nous laisserons s'endormir au fond de nous cette douce folie, avec pour seul regret de ne connaitre ni les paroles, ni les pas de danse de nos petits contes de fée.
Deux ombres s'enfoncent dans une ruelle sordide, le bruit de leur pas à peine couvert par la bruine qui s'évertue à détremper le sol déjà ruisselant. Ils ne parlent pas, et avancent lentement sur la route, entourés par les voitures en stationnement. Soudain, le breton ouvre la bouche, pour laisser s'échapper la phrase fatidique :
"J'ai envie de grimper sur les voitures et de chanter..."
Cette phrase aurait dû me choquer, au moins m'interpeler. Mais non, je ne peux qu'acquiescer, puisqu'à ce moment précis je ressens exactement la même chose.
00:26
Cinq individus ressortent du métro, ils viennent de manquer la dernière rame. Dans la station déserte, certains chantonnent, Nico et Sylf dansent ensemble une valse improvisée, Echt fait l'écureuil devant un Alix en adoration, et moi, pensif, je cherche comme toujours à trouver les mots pour exprimer cette joie diffuse et frustrante qui parcourt mon être.
Vous êtes-vous déjà promené dans la rue, en pensant soudain que le moment serait idéal pour qu'un orchestre invisible lance la mélodie d'une comédie musicale tout aussi imprévue que maitrisée sans la moindre fausse note ?
Cela m'était déjà arrivé une fois ou deux, comme ça, par amusement, mais je suis sûr que vous qui lisez ce message, et qui n'avez pas partagé mon expérience de ce soir, ne pouvez comprendre l'ampleur de ce que j'essaye de vous décrire.
Imaginez que votre vie soit un livre d'enfant, une belle histoire avec une fin heureuse. Votre destin est tout tracé, mais vous ne le savez pas, et n'avez pour seule certitude que quoi qu'il arrive, tout se passera bien. Comme réglé sur du papier à musique. Et regardez maintenant le monde tel qu'il est.
C'est l'expérience troublante que vous propose "Il était une fois" : que feraient un prince et une princesse de conte de fées catapultés dans notre monde de cynisme et de désillusion ? Le résultat est extraordinaire, et si vous sortez de cette salle sans avoir envie de transformer votre vie en conte pour enfant, je pense que vous mentez.
00:54
Nous n'avons pas chanté, nous ne sommes pas montés sur les voitures, et les habitants de la ruelle paisible n'ont pas poussé leurs volets pour pousser la chansonnette. Nous laisserons s'endormir au fond de nous cette douce folie, avec pour seul regret de ne connaitre ni les paroles, ni les pas de danse de nos petits contes de fée.
09/12/2007
Genesis
Au commencement était l'univers, un grand cube plein de rien. Au beau milieu de rien, le Hasard s'emmerdait comme un rat mort, et pour cela il créa le Rat mort. Le Rat mort erra longtemps dans le vide, puisqu'il n'y avait ni destination, ni envie d'aller où que ce soit de toute façon. Le Hasard s'ennuyait donc toujours, et l'univers était donc peuplé de Rats morts. Le Hasard, contemplant ces masses inertes, décida de créer la gravité, histoire d'accélérer un peu les choses. Les Rats se déplacèrent, et le Hasard vit que c'était bon.
Les millénaires firent leur oeuvre, et les Rats morts, à force de collisions répétées, s'étaient complètement décomposés. Ne restait dans le vide que des gaz, et de la poussière. Sous l'action de la gravité, ces gaz et ces poussières se conglomérèrent et créèrent les planètes et les étoiles. Le Hasard commençait enfin à trouver les choses intéressantes et commença à s'intéresser au Monde. Le Hasard choisit cette boule insignifiante parmi tant d'autre parce qu'il ne portait pas ce nom pour rien, et tout ému par sa trouvaille, il pleura sur le Monde. Ses larmes créèrent les océans, et comme le Hasard était enrhumé en ce temps-là, ses larmes apportèrent au monde ses microbes. Les microbes prospérèrent, la vie se diversifia, et le Hasard vit que c'était bon.
Parce que le Hasard avait longemps été seul, il décréta qu'il n'y avait pas de raison pour que le Monde ait des copains alors que lui n'en avait jamais eu, le Monde fut donc la seule planète visitée. Les dinosaures apparurent, et le Hasard ne s'était jamais autant amusé. Chaque semaine il votait tout seul démocratiquement l'extinction d'une espèce à coup de météorite. Mais lorsqu'il voulu supprimer les Méduses, il eu la main un peu lourde, et ce fut le grand cataclysme. Les dinosaures disparurent, au grand désarrois du Hasard. Heureusement les mammifères avaient esquivé les météorites grâce à d'ancestrales techniques d'esquive de météorite, ils survécurent donc. Ces petites bêtes se cachaient dans les rochers et avaient une vie sociale bien plus intéressante. Le Hasard envoya au loin les météorites et vit que c'était bon.
Les millénaires passèrent, et le Hasard s'aperçut un jour que les Méduses avaient survécues. Fou de colère, il saisit un énorme rocher et broya la reine des Méduses, la réduisant en masse gélatineuse informe. Le rocher se fendit, et alors apparut une petite créature semblable au Hasard, qu'il baptisa Zom. De la gélatine informe de feu la reine des Méduses apparut simultanément le pendant féminin du Zom, que le Hasard baptisa alors Glaireuse. Le Zom et la Glaireuse comprirent rapidement l'un et l'autre l'intérêt du sexe opposé, et se jetèrent tous deux dans les bras de l'autre dans une sauvage étreinte. Le Hasard enregistra la scène en VHS pour ses soirées de solitude et vit que c'était bon.
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