27/03/2008

World is beautiful

Au hasard de mes pérégrinations sur internet, j'ai trouvé ça. Une vidéo dans laquelle, avec votre souris, vous pouvez faire pivoter la caméra et regarder où vous voulez. Bah je trouve ça terriblement bluffant. Quand j'étais petit, la 3D était toute laide, les voitures électriques c'était un fantasme, les éoliennes rarissimes, les jeux vidéos terriblement basiques... Et c'était déjà si bien. Finalement peut-être que tout ira bien :)

26/03/2008

Du gris


Gris plomb, gris vért érgint, gris d'fér
- Si j'mins, tu voès, j'vas in Infér -
J'sus seure éq tous les gris du monne
I s'értrouv'té din la Baie d'Sonme.

Y a des piots nuages éd boin temps,
Quasimint gris, quasimint blancs,
Qu'éch vint, din s'coursé vacabonne,
Il éflèpe, pi qu'il abandonne...

Mais quante i s'invironne, éch temps,
Ch'est du gris sombe, lourd, émnaçant,
Qu'il éclate in méchantes grinchèes :
O s'creurouot quante él vrépe i tchèt.

Y o tout plein d'gris din chés nuèes :
Pérle, èrdoése, meume él gris chindrè
Qu'chés jonnes romieux l'ont dsu leus ailes...
... L'gris-beige étou, d'chés pieutes teurtrélles.

Din chés hérbus vért-érgintè,
- Doù qu'chu ho d'bérbis étreumè,
Trantchille, à tchoeur éd jour i poaiche,
Intré les ieux qu'la mér al laiche -

Ch'lilas-d'mér étou il est gris,
Mais d'un gris-mauve, conme adouchi.
Quante o ll'érbèe, in vnant dé loin,
Ch'est conme des taques éd vieil-érgint.

Pi quante o tchitte él bord éd mér,
Qu'o rinte un molé din chés térres,
O peut vir les flèpes éd feumèes,
Grises étou, d'chés camieux brulès.

Elizabeth Manier

24/03/2008

Lovesongs

Week-end, campagne, froid ? Même pas.
Soleil, neige, vent, neige, soleil, nuit, jour, tout s'enchaîne, vite, trop vite, le temps de ne rien faire, je suis déjà dans le train du retour.

Avec cette chanson dans la tête, à réfléchir à des choses sans rapport.

Lovesongs, they kill me,
They kill me, now.
..

Les nuages défilent, le soleil décroît déjà, mais mes pensées restent bloquées sur mon après-midi.

Une heure, je n'ai passée qu'une heure avec toi. Ce qui m'a choqué quand je suis entré dans la maison, c'est ton visage. Vieux, fripé, maigre, si maigre. Tu as perdu énormément de poids depuis la dernière fois. Et tout le monde papote, joyeux brouhaha. Il me semble apercevoir du sang sous ta narine droite. Comme les autres, je reste naturel. C'est dur.

Tu me parles, mais je t'entends mal. Je réponds, à côté de la plaque peut-être. Qu'importe, j'ai croisé ton regard, et j'ai vu le reflet de la pièce, peuplé de fantômes et de grands enfants. Pour toi plus que quiconque, cette maison doit te sembler si vide maintenant, comment fais-tu ? Je quitte ton regard, gêné d'y avoir vu le peu de détresse que ta fierté n'a pas réussi à masquer. Apparemment, tu es fatiguée. Ton fils te porte jusqu'au lit, et te borde. Je ne l'avais jamais vu faire cela avant, où alors cela ne m'avait pas tant marqué. Je ne me sens pas à ma place, mal à l'aise. Je n'ai pas le temps de rester, l'horloge inexorable annonce l'heure du départ.

Je m'approche du lit, pour te dire au revoir. Tu as l'air si fragile. Toi fragile ? Une part de moi trouve cela si improbable, en d'autres circonstances je crois que je rirais... Tu me reposes une question... Je n'entends toujours pas, pourquoi je ne t'entends pas ? Tes lèvres ont bougé, le son est sorti, mon cerveau n'interprète rien... Que se passe-t-il ? J'attrape un œuf en chocolat et je fais le con. Ca je sais faire. Tu souris, et là comme au ralenti, j'entends distinctement tes paroles.

"J'espère que la prochaine fois ça ira mieux"
"Moi aussi j'espère" Que je réponds. Rien trouvé de mieux. Est-ce des adieux ? Pourquoi ai-je soudainement cette impression curieuse d'être loin de mon corps et de voir un automate dire au revoir à ma grand-mère ? Pourtant je suis encore dans tes yeux. Et là je vois que tu as pensé la même chose que moi. Cette incertitude. Le même ton que lorsque j'ai entendu il y a si longtemps
"Bonjour mon poussin"

M'enfuir, vite, changer d'air avant d'entendre le hurlement de douleur qui bourdonne encore dans ma tête d'enfant. On expédie les au revoir, je suis à l'air libre. Redoutant un cri... rien... Le passé ne se reproduit pas.

Lovesongs are killing me,
Are killing me, right now...


Je suis un monstre, un trouillard, je ne sais même pas ce que je suis. Je prends mon train en espérant me faire des films, comme d'habitude.

S'il te plait, fais moi mentir, reste encore avec nous. Ce serait injuste que tu partes. Tu es une bourrique, l'une des personnes les plus têtues de cette planète, et pourtant tu m'as si bien accepté... après une prise de bec mémorable certes, mais je ne suis pas ton petit-fils pour rien...
Qui dira à Kristof qu'il a encore grossi si tu t'en vas ?


Il est tôt, beaucoup trop tôt. Je ne suis pas encore prêt. Je suis égoïste, j'assume. Je veux pouvoir être triste quand tu partiras. Je me fous que les autres partent, pour toi je veux être triste, ne pas être un automate, ne pas hausser les épaules et passer à autre chose comme je le fais d'habitude. Laisse moi le temps d'être triste...


18/03/2008

Et soudain ...

de battre mon coeur s'est arrêté.


Après j'ai pensé à toi, et ça allait mieux...

17/03/2008

Quoi de neuf docteur ?


Tout d'abord, mon lapin aime les carottes... Oui oui Okin en grignote au moins une par semaine ! (l'original ne s'en remettra pas !) Sauf que soit je suis un obsédé complet, soit la cawotte de ce soir... bah euh... elle filerait des complexes à pas mal de monde... Du coup j'hésite à lui donner... Mon lapin est pas pédé !

Trêve de plaisanterie, si vous voulez vous mettre dans l'ambiance musical de cet article, il va falloir écouter ça en même temps. Oui je sais, ça va faire mal à certains mais bon, c'est tout à fait dans le contexte. Un peu de courage que diable ! Et pis moi je la trouve jolie cette chanson :)

Tout ça pour que c'est officiel, je fais mes valises et dis au revoir au support d'A******, c'est une page qui se tourne. J'enterre donc définitivement l'ancienne équipe et laisse la nouvelle prendre son envol, je les surveillerai de loin quand-même :)

De toute façon je ne parvenais pas à oublier l'ancienne équipe malheureusement disloquée. Mais la page est tournée maintenant, j'ai un nouveau taf qui me plait, et j'ai bien l'intention d'assurer !
Si j'ai le courage je vous en dirai plus une autre fois, mais ne t'inquiète pas petit blaireau, c'est pour ton bien, le grand méchant Sept ne traîne pas loin.

J'ai quand-même vécu cette journée dans un mélange de nostalgie et de joie. Très bizarre comme sensation. Je suis peut-être un peu trop paternaliste avec cette bande de gamins qui sont quasiment tous plus vieux que moi. Et puis je continuerai à les traiter de noobs, parce qu'ils le valent bien...

Bref, les p'tits, je vous dédicace cette chanson, elle vous va bien, et rendez-vous le midi sur BF2 pour une petite tuerie entre amis :)

V7.5 lancée !

13/03/2008

Prepare yourself II Ex + alpha

Je m'excuse par avance de cet excès de fan-boy complètement assumé, mais il faut se mettre à ma place. Quand j'ai vu les premières images de Street Fighter IV, j'ai eu peur, vraiment. La 3D n'a jamais vraiment réussi à la série (même si les épisodes EX avaient de bonnes idées), et les premières images... je les ai trouvées moches, tout bêtement. Mais voilà, cette animation, c'est de la folie. Et le trailer, qu'en pensez-vous ?


Bah là il est complètement moche, parce qu'il faut le regarder avec une meilleure résolution, et là, bah t'as envie de pleurer, tout bêtement, tellement c'est brutal et poétique. Si vous voulez le voir de plus près, zyeutez ici. Il y en a un autre qui traîne et qui présente un combat entre Chun Li et une nouvelle mystérieuse demoiselle, mais les screeners, c'est moche et ça me frustre. Capcom fait fort, très fort, ça c'est du pur teasing, et je tombe dedans, j'en redemande même.


Allez, je fais mon kéké jusqu'au bout : tiendez, v'la des zolies images.

12/03/2008

Prepare yourself

On me dit souvent que je suis un mec sensible, et c'est vrai je pense. J'suis pas une chochotte, mais j'ai au fond de moi un petit coeur qui bat pour de vrai, qui ressent les choses, qui souffre aussi...

Bon heureusement je cache tout ça derrière un mental d'acier, une vision du monde froide et implacable, wep, ch'uis un pnj, mais moi j'assume. Pour être un homme, faut respecter le gamin qui est au fond de soit, même si parfois on l'enferme dans la cave et on jette la clé.

Et même si le monde est beau, si les fleurs nous émeuvent, qu'un battement d'ailes de papillon fait s'envoler nos tempêtes intérieures, on est du moins dans ma tête, des hommes, des vrais, des purs, des durs, des tatoués.

Et justement parce que ce monde est beau, parce que les fleurs s'envolent au gré de mes tempêtes intérieures qui soufflent les papillons, je serai froid et sans pitié. Tout être entrant dans l'arène est un adversaire que je respecte et que je vaincrai. Pas de questions, juste un regard d'estime et de confiance. Je vais te poutrer la gueule, et t'as intérêt à ne pas te laisser faire. La victoire est belle quand on donne tout. Après tout, ce n'est qu'un combat de techniques et de réflexes, la vraie lutte est dans sa tête. Et là aussi, je vaincrai.

Qui entrera dans mon arène ? :)




05/03/2008

Petit blaireau

Je m'étais promis de ne pas parler de D**** ici. Ce jeu, c'est mon quotidien, il est tentaculaire, j'ai parfois l'impression qu'il est partout. J'ai ma vie à moi, bordel ! Mais c'est, et ça fait bizarre de l'admettre, une grosse partie de mon existence actuelle.

D**** m'a permis de vivre des choses sublimes, sincèrement, avec des gens géniaux, de réaliser certains de mes rêves. Il m'a aussi permis de voir à quel point ce monde est infect, à quel point la confiance ne signifie plus rien pour les gens, à quel point la jeunesse est désoeuvrée et sans valeur.

Et puis il y a toi, petit blaireau. Je te côtoie tous les jours, sous de nombreux patronymes. Je te hais, régulièrement, tant ta faculté à te foutre dans la merde tout seul est exaspérante, tant ton vocabulaire et tes paroles me montrent la déchéance de notre société. Tu m'horripiles à contourner tous les conseils, toutes les règles que je te donne, et qui n'ont pourtant pour seul but que de te protéger et de passer un bon moment, ce qui est le rôle de tout jeu : apprendre et se distraire.

Je te demande pardon, petit blaireau, de ne pas pouvoir faire plus. J'aimerai tellement te protéger de tous ces connards dont tu fais pourtant si souvent partie, protéger cette naïve étincelle d'enfance que j'entre-aperçois si souvent entre les lignes de tes messages brouillons et illisibles. Te protéger du cynisme de ce monde, de la connerie humaine, de ton naufrage personnel. Pardon, mais je ne peux pas.
Je ne peux que te dire de faire plus attention, te conseiller de vider ton cache, même si parfois ma seule envie est de te donner un tricycle et de te mettre en sens inverse sur une autoroute allemande.

Tu me pourris mes journées. Jour après jour, tu grignotes ma patience à t'aider. Petit blaireau, tu es la bestiole la plus auto-destructrice que je n'ai jamais rencontrée. Et bien souvent, entre tes cris d'incompréhension, d'insultes aussi, je distingue ta solitude, le spectre des parents qui ne comprennent malheureusement pas qu'ils te pourrissent. Et alors, j'ai envie d'attraper le clavier et d'exploser l'écran, de te chopper par les épaules et de te secouer... Réveille-toi !

Et parfois, dans ton courrier, dans ta détresse aussi, tu m'envoies des choses sublimes, des petits instants de beauté, des fragments d'innocence, qui me laissent rêver que le monde ira mieux un jour.

Merci pour ça, petit blaireau.


Nous sommes sincèrement désolé de la gêne occasionnée, merci de votre compréhension, et bon jeu à vous.


02/03/2008

VOTRE VIE EST UN ECHEC. APPUYEZ SUR RESET.


Après tout, dans la vie ... On peut repartir à zéro autant de fois que l'on veut.


Hier soir

J'étais pas bien. J'avais pas envie de rentrer chez moi, et tout faisait que je devais le faire.
Rien d'intéressant au théâtre, le ciné était bondé... J'ai fait une razzia de manga et de films histoire de décompresser un peu.

Et j'ai découvert quelques petites merveilles.

"Duds Hunt" et "Reset" de Tetsuya Tsutsui : graves, froids, avec une belle lueur d'espoir à la fin sur Reset. D'excellents one-shot qui vont me faire garder un oeil sur cet auteur. Vraiment du très très bon, une thématique organisée sur la condition de l'homme et la portée du jeu. Brillant, tout simplement.

En film, Roméo+Juliette, je ne l'avais pas, il me le fallait. Mise en scène efficace, survoltée, intelligente. J'aime ce réalisateur, sa composition des images et du son est un délice pour toute personne effectuant un minimum d'analyse.

Ensuite Ethan Green, une comédie d'homosexuels pour les homosexuels, c'est du trivial, ça vole pas très haut, mais ça fait du bien et au final ça marche plutôt bien. Ca c'est un film à chocolat quand on est tout seul.

Enfin, ma petite révélation, La traversée du temps. Un animé extrêmement bien réalisé, au scénario soigné, qui questionne la relation des êtres humains en pleine construction sur l'avenir. Oui, là où j'en suis, exactement. Bah c'est beau, c'est poétique, bien pensé, émouvant, nostalgique. Je vais le re-regarder ce soir probablement, si j'ai fini de bosser...

25/02/2008

Cette nuit

... je dors encore sur mon canapé, parce que mon lit là-haut est trop grand, je m'y perds, et que lorsque je dors en boule en bas, j'ai l'impression que tu dors derrière moi ...

24/02/2008

VICTOIRE !


Vous serez probablement ravi d'apprendre que j'ai réussi à déboucher mes toilettes.
C'est bête à dire, mais je suis fier de moi.

...

Bon bah je peux retourner bosser...

23/02/2008

La minute égocentrique


J'suis crevé, j'ai pas dormi dans mon lit cette nuit, angoisse de la page blanche ... Ch'uis naze.
J'ai tout le plan en tête, mais dès que je suis devant le clavier... Nada. Alors on se change vite fait les idées, rien qui sort.
J'ai une tête de déterré, j'ai carburé toute la nuit au kiri et au jus d'orange...
Okin a cru que c'était la fête, du coup il a balancé sa litière dehors, fait un boucan d'enfer... Si ça avait été un chat il aurait fini à la porte. Enfin il était là pour les câlins, ça fait du bien.

Je veux un calin.

Mon royaume pour un calin.

Mon canapé ressemble à un camp de réfugiés politiques (je dis ça et je sais même pas à quoi ça ressemble un camp de réfugié politique en forme de canapé...), et j'ai vraiment l'air complètement con avec mon bonnet de nuit sur la tête. Mais ça me réconforte.

J'ai aussi eu ma minute "câlin sur flokati"... Wé j'ai pété un câble toute la nuit à écouter de la musique en boucle... Faut vraiment que je renouvelle ma playlist, et en voulant changer de station de radio j'ai plus que du grisouillis. J'en ai marre ça avance pas et ça me rend vulgaire...

Je me supporte pas quand je suis vulgaire

Je ressemble à rien, je fais rien j'avance pas.

PUTAIN QU'EST-CE QUE JE BRANLE ! BOSSE CONNARD !

J'en peux plus, j'ai plus de jus, mes doigts sont paralysés devant le traitement de texte, alors que dans ma tête tout est là, en ordre. Et c'est bien la première fois...

J'ai mal au crâne, mais c'est plus l'heure de se reposer, je me suis endormi comme une merde sur mon canapé devant l'ordi, ça avance pas.

Qu'est-ce qui cloche chez moi ? Je veux être tout seul pour bosser mais j'ai jamais eu autant besoin de voir du monde.
Mais faut que je bosse, et les autres me gênent pour ça.

Me faut un câlin.

Je veux bosser dans tes bras. Fais chier t'es pas là. De toute façon bosser dans tes bras c'est pas possible, t'es qu'un obsédé. J'aime ça.

Pfiou allez faut que je bosse, que je bosse, que je bosse... ALLEZ BOSSE BOULET !

21/02/2008

Uneraseable sin

J'ai toujours été plus efficace dans l'urgence, il faut croire que cela me stimule. Les situations borderline, plus abracadabrantes les unes que les autres, j'ai su jusqu'ici les enchainer avec brio, comme si elles étaient réglées dans un script qui m'échappe.

Il y a des gens qui s'ennuient dans leur vie, ce n'est pas mon cas. Il m'arrive de penser que c'est mon karma qui cause tout ça. Ma vie précédente a dû être très très longue et chiante, pour m'imposer un rythme pareil.

L'avantage, c'est que si un jour on doit faire une biographie de moi, vu mon incroyable personnalité et mon immense talent cela viendra tôt ou tard, et bien il y aura de la matière pour plusieurs tomes.

A quoi bon lutter, si je me retrouve tellement dans les tas de pixels humanoïdes, ce n'est pas pour rien, et de toute façon je me plais à penser que la part inconsciente de mon être qui provoque tout cela est un scénariste fantastique, doublé d'un metteur en scène de génie. J'envie le talent de mon inconscient, il est capable de me faire croire n'importe quoi, et je serai bien en peine de l'égaler. Je suis bon spectateur, cela doit l'aider pas mal aussi, mais il faut dire ce qui est : la mise en scène de mon existence est quasi-parfaite, on n'y voit que du feu.

Un bon petit film que je conseille donc, mais la salle est déjà quasi-bondée, dépéchez-vous de saisir les dernières places !

Enfin, il y a un petit défaut quand-même... pas assez de temps morts. Laisse un peu souffler le spectateur, ce n'est pas agréable d'être en apnée pendant toute la séance ...


18/02/2008

Vanishing point

Toutes ces lignes, ces si petites courbes sinueuses, si infimes, si émouvantes dans leur fragilité, se nouant dans ma main pour savoir ce qu'elle deviendra. Frapperas-tu ? A mort ? Caresseras-tu ? A vie ?
Petit fragment d'un autre moi hypothétique, pourquoi me rejoins-tu aujourd'hui pour me hanter alors que tu n'es pour le moment qu'un avenir ?

Les planètes s'alignent, les astres entrent en conjonction, toutes les voies, tous les possibles, se noueront bientôt devant moi. Quels liens trancherai-je ?
Tout ce qui doit advenir arrivera, je le sais, mais c'est maintenant que j'aiguise les lames qui me séparent de mes rêves, ou de mes cauchemars.

Top, je lance la pièce. Pile ou face ? Elle court sur le sol, décrivant des cercles de plus en plus concentrés, rebondit sur les aléas du carrelage. L'assemblée de miroirs retient son souffle, guettant la sentence. La pièce reste sur la tranche, mais vacille, au centre de la gigantesque toile d'araignée de tous les possibles, alors même que la gravité prend une petite pause clope.

Génocide de reflets dans 10 jours ...

10/02/2008

Paranoïde

Quelque chose cloche.

Je viens à peine de finir une petite soirée entre potes et de rentrer chez moi, et quelque chose cloche.

On se dit bonne nuit, tout sourire, on se fait la bise, mais mes sens sont déjà en éveil, à l'affût du moindre indice. J'arrive devant ma porte, et je vois que le paillasson extérieur a bougé.

Je sais pertinemment que ce sont ces abrutis de chats en mal d'amour qui se sont encore tronchés dans le jardin, mais mes neurones surexcités ont déjà dissimulé un monstre à trois têtes ninja derrière l'ersatz de plante qui sert de végétation.

J'ouvre ma porte, et pour laisser le temps à l'ampoule à économie d'énergie d'éclairer convenablement, je trouve un prétexte à la con pour passer 10 secondes chez la voisine. L'économie d'énergie n'économise pas mes nerfs, et si je suis ravi que la Terre se réchauffe moins vite grâce à cela, ailleurs la fièvre monte.

De nouveau dans le jardin, mon champ de vision montre clairement ses limites. Les angles morts sont surpeuplés, et mon coeur cale soudainement. Quelque chose a bougé derrière moi.
Je me retourne, ainsi que mon ombre, goguenarde. Je suis vraiment trop con.

Je rentre chez moi, fermant la porte soigneusement. L'atmosphère est oppressante, le lapin est surexcité dans sa cage. Plus pour me rassurer que pour lui, je lui explique que je monte l'ordinateur dans la chambre et que je le nourris après.

L'escalier est un supplice, en cas d'agression, les bras empêtrés dans les câbles d'ordi, je me vautre, c'est sûr. Et les 3 serial killers qui m'attendent de pied ferme en profiteront très certainement. De toute façon je sais déjà où ils sont : un dans la baignoire, l'autre accroché à la gouttière et le dernier sous le lit. C'est tellement prévisible ...


Finalement pas d'embuscade dans l'escalier ... Je ne m'en sens que plus mal. Je dépose l'ordinateur sur le lit, passe vite fait au wc pour pisser. Je suis à côté de la fenêtre, je vais m'en manger plein la gueule. Je remarque d'ailleurs que le niveau de l'eau de la cuvette a baissé. Et merde, manquait plus que des aliens dans mes canalisations. Mon reflet dans la vitre me surveille, et me met met mal à l'aise. Mais si je le regarde et qu'il me fait un clin d'oeil ou que le serial killer surgit, je sais que je vais tomber dans les pommes. J'évite donc soigneusement de regarder la vitre, tout comme le miroir. On sait jamais, au cas où un démon millénaire apparaitrait à ce moment là, la situation deviendrait ingérable.

Je suis sorti vivant de la salle de bain, je commence maintenant à sentir mon poil se hérisser. Quelque chose cloche, mais vraiment. Le lapin s'agite toujours autant, lui aussi doit sentir un truc, ou avoir la dalle. Je redescend et j'expédie la distribution de graines. Je me retourne et... je ne vois pas mon trousseau de clés sur la porte. Une sensation de sueur glacée descend le long de ma nuque. Ouf elles sont dans ma poche. Je verrouille rapidement la porte, me maudissant de cette erreur de débutant, m'attendant à tout moment à ce qu'une main explose la vitre et me saisisse pour me faire dévorer par une horde de zombies.

Je sécurise visuellement le périmètre immédiat, et me jette dans ma chambre. Je ferme la porte, mais je ne peux toujours pas souffler. J'enchaine les hallucinations visuelles, sonores et olfactives.
Les aliens des canalisations font des bloops dans ma salle de bains, dehors les zombies égorgent les chats qui hurlent, le serial killer posté sur le toit me fait de l'œil, tandis que celui sous le lit va m'attraper par le pied quand je vais enlever mes chaussettes, mais qu'importe, la sirène des pompiers m'avertit que Godzilla est à Wazemmes. Je ne peux même pas me cacher dans un coin, les murs se rapprochent et cherchent à m'attraper, j'étouffe.

Il faut dormir, je le sais, maintenant, pour échapper à ce cauchemar que mon imagination a créé de toute pièce.

Le croque-mitaine m'attend, bonne nuit ...

05/02/2008

Anonymous

Il y a quelques temps, mon confrère et néanmoins estimé voisin Sylf me parlait d'une curieuse secte issue du net. Plus (ou moins ?) qu'une secte, cet effet de mode semblait même avoir donné naissance à une entité nommée anonymous, composée en fait de personnes revendiquant leur anonymat et effectuant des actes en tant qu'anonymous, de la petite blague au pseudo-terrorisme en passant par le hacking.

Cette idée m'a assez fascinée, il s'en est d'ailleurs suivant un dialogue fort intéressant sur irc à propos de ça. Ca m'a d'ailleurs un peu fait penser au fight club sur certains aspects. Une curieuse petite révolution ou une bande de gamins qui jouent ? Bonne question.
Néanmoins, l'idée m'a semblée sympathique, mais pourquoi est-ce qu'aujourd'hui l'anonymat semble attirant alors que tant de gens luttent pour ne plus l'être ?
C'est vrai qu'aujourd'hui, la liberté individuelle est de plus en plus mise à mal, mais quel est ce besoin d'anonymat ?

A tout moment de l'histoire, les anonymes ont existé, effectuant des actes tout aussi anonymes qu'eux, et d'autres bien plus importants.
Cependant, l'anonymat n'existe que par peur d'éventuelles représailles. Dans notre monde "civilisé", est-il normal d'avoir peur ?
Il y a aussi peut-être une volonté de ne pas s'afficher, que je comprends tout à fait, ce n'est pas quelque chose que j'apprécie particulièrement personnellement. Cependant, nous sommes tous anonymes sans nous cacher, noyés dans la masse.

Se dissimuler ne serait-il donc pas un moyen de se faire mieux voir ? D'être plus visible en quelque sorte ? Renier son individualité pour former un tout plus grand et insaisissable ?
Cependant ce qu'il y a de paradoxal dans l'anonymat, c'est qu'il suffit qu'une personne mette tout en oeuvre pour faire sortir une autre personne de l'anonymat, cette dernière, quoi qu'elle fasse, finira de toute façon par revêtir une identité.

Et si cela arrive souvent, c'est parce que l'anonymat, constamment utilisé comme défense face à des forces extérieures, devient rapidement le repère de gens peu scrupuleux, du moins pour l'ordre existant. Ce qui était le repère de l'impartialité et du contre-pouvoir nécessaire semble être devenu l'apanage des corbeaux et autres individus peu scrupuleux. Telles les deux faces d'une pièce, Anonymous, pour porter des coups d'épée dans l'eau ou des coups de poignards dans le dos ?

Je suis anonyme sans l'être, je suis anonyme sans être anonymous. Anonymous, c'est je pense une création collective née de la peur de voir notre destin contrôlés par d'autres. Mais Anonymous n'y changera rien, même si je comprends parfaitement les gens qui essaient. Etre anonyme tout en échangeant des idées, c'est un rapport basé sur la confiance entre plusieurs parties. Et la partie est déjà truquée...


Constamment, nous sortons de l'anonymat pour les mauvaises personnes et redevenons anonymes aux yeux de ceux et celles que nous côtoyions pourtant la minute d'avant. Tous ces gens croisés au quotidien qui nous oublient, tous ces amis à portée d'un clic ou d'un coup de fil, mais que la gêne ou le temps nous rendent lointains et anonymes.

Si la lutte pour notre anonymat nous conduit d'ores et déjà vers une impasse, celle de notre non-anonymat, du contact avec de vraies personnes et leur identité propre ne connait que les impasses que nous batissons nous-même. Par auto-apitoiement ou par amour du mélodrame, tous les jours nous laissons pourrir des liens pourtant précieux, qui ne demandent pas grand chose pour retrouver leur éclat.

Il suffit juste parfois d'un petit signe, de regarder la personne et de dire "je sais que tu existes, je sais qui tu es" pour éviter un goût d'amertume dans la bouche. Si on peut mettre des livres entiers dans une clé usb, on doit bien avoir assez de mémoire pour réussir à mettre un sourire dans un coup de fil.

M'sieur Nono, merci d'avoir décroché, même après ces mois sans nouvelles. Merci de m'avoir reconnu, même si j'ai mûri. Merci d'être resté le même, et d'avoir changé. Merci d'avoir remonté le temps sans fermer la porte à l'avenir. Merci

02/02/2008

Skhizein


On dit de moi que je suis insouciant.
On dit de moi que j'ai mauvais goût.
On dit de moi que je suis le mec le plus stressé de la terre, obnubilé par l'heure.
On dit de moi que je suis pragmatique.
On dit de moi que je suis incapable de m'occuper de moi-même.
On dit de moi que je suis égoïste.
On dit de moi que j'ai une phobie des poils.
On dit de moi que je suis l'optimisme incarné.
On dit de moi que je suis incapable d'arriver à l'heure quelque part.
On dit de moi que je pense trop aux autres.
On dit de moi que je suis dur.
On dit de moi que je suis patient.
On dit de moi que je ne vis que pour moi.
On dit de moi que je suis tout le temps dans les nuages.
On dit de moi que je ne suis qu'un rôle que je me donne.
On dit de moi que je suis fidèle.
On dit de moi que je ne me donne pas les moyens de saisir ma chance lorsqu'elle se présente.
On dit de moi que je suis honnête.
On dit de moi que je suis névrosé.
On dit de moi que je suis compréhensif.
On dit de moi que je suis opportuniste.
On dit de moi que j'ai bon goût.
On dit de moi que je suis un enfant.
On dit de moi que je suis sombre.
On dit de moi que je cuisine bien.
On dit de moi que je suis inflexible.
On dit de moi que je suis menteur.
On dit de moi que j'aime les poils.
On dit de moi que je ne connais pas la fidélité.
On dit de moi que j'ai trop grandi.
On dit de moi que je suis dépressif.
On dit de moi que je m'emporte vite.
On dit de moi que je suis paresseux.
On dit de moi que j'en fait trop.
On dit de moi que je ne sais pas cuisiner.

...

Vous connaissez combien de moi ?

30/01/2008

Arcadia



Il est des jours ou des heures, il est des nuits et des songes, où je me demande parfois si la réalité ne se cacherait pas plutôt dans mes rêves que dans mes journées. Comment faire la différence ? Suis-je en train de rêver que je tape sur le clavier ou le fais-je réellement ? J'ai naturellement tendance à penser que le monde réel est celui-ci, parce que tout est cohérent et logique. Mais lorsque je rêve, même si à postériori tout semble décousu et incohérent, ce que je vis me semble au contraire tangible et réaliste.

Ce monde n'est-il que mon songe, alors que dans cet autre univers je me repose ?
Le monde de mes rêves me semble tellement plus riche, plus excitant, plus dangereux, plus triste, plus beau, plus seul ... qu'à mon réveil la vie semble plate et monotone. Il nous apparait souvent comme idyllique, pourtant dans ce fracas d'images et de sons, et même lorsqu'il ne s'agit pas de cauchemars, qu'est-ce qui fait que ce monde nous fait parfois nous sentir mieux ? Le bonheur qui semble se cacher derrière les paupières closes ne serait-il pas un leurre pour nous encourager à franchir toutes les nuits la barrière de ce monde si instable et pourtant si certain?

Et pourquoi tenons-nous tant à notre monde réel alors que nous avons tellement de mal à nous y sentir bien ? Est-ce parce que ce monde-ci est plus raisonnable que nous l'avons choisi comme monde véritable ? Parce que ce que nous y faisons semble avoir une continuité ? Si un jour je rêve que je rêve de ma vie réelle, celle-ci va-t-elle me sembler aussi peu crédible que mes virées nocturnes ? Pourquoi le monde "réel" est-il si incertain, pourquoi n'est-il que questions ?

Suis-je plus réel lorsque l'obscurité m'engloutit dans mes cauchemars de corps démembrés ou lorsque je me réveille en sueur ? Lorsque je vole dans un ciel mauve, suis-je plus tangible que lorsque je voyage sous terre dans un lombric de métal ?

Je rêve trop et tu ne rêves pas, est-ce pour cela que si je m'endors je te vois mort ? Et si au final ce monde n'est pas plus logique que l'autre, peut-être est-ce parce que la réalité n'existe nul part, et que je ne suis qu'une machine qui rêve...


17/01/2008

Ecstasy

7 secondes ...

Si seulement je n'avais que 7 secondes à attendre ...

Mais la chanson dure bien plus longtemps, et au final ça changera quoi ? Pas grand chose ...

Mais les secondes s'égrainent une par une, et c'est tant mieux.

Une seconde, c'est 3600 fragments d'heure, une seconde, c'est aussi une éternité ou un vestige.

Et pendant ce temps les nuages défilent, en une seconde, combien de gouttes de pluies ? Beaucoup, en même temps je ne passerai pas mon temps à les compter, je préfère regarder les secondes perdues à attendre... rien.


Savoir ne rien foutre est quand même un don plutôt sympa, réussir à le transcrire sur un écran c'est encore mieux. Si je me lisais combien de temps est-ce que je perdrai ?

Le temps c'est rien au final, que du vent, du mauvais temps, de la pluie qui s'écrase parce qu'elle s'emmerde, autant que moi quand j'attends ... toujours rien.

Addict à la seconde, à la seconde mais pas à la première, première quoi ? Le temps suicide ma raison, tout ce temps qui s'acharne à m'éloigner de cette seconde, cette éternité éphémère où je ne regarderai certainement pas ma montre... de toute façon je n'en ai plus, la trotteuse est la meilleure compagne de la folie.

Mais la seconde s'est déjà enfuie, poursuivie par le lapin blanc, et moi j'attends déjà la prochaine, dose d'éternité pour j'espère bien plus que 3600 fragments.